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EXHIBITIONS / EXPOSITIONS – AABF 2022

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COUNTRY OF HONOUR : BENIN

The African Art Book Fair in partnership with the Vallois gallery and the bookshop « Aux 4 vents » will highlight the Beninese contemporary scene through several cultural and artistic actions: within its art book fair, through a capsule exhibition of contemporary artists from Benin and artistic performances and around a thematic round table associating academics, art historians, art critics and artists throughout the professional week of this 14th edition of the Dakar Biennale: from May 19 to 22, 2022  

Inaugurated on February 19 at the Palace of the Republic of Benin in Cotonou, the exhibition « Benin Art in the Past and Today: From Restitution to Revelation » is an international event that marks a historic turning point for restitutions and recognition of the contemporary Beninese scene.

This diptych and public exhibition is a double event: it simultaneously puts the spotlight on the classical art of Benin, the twenty-six royal treasures of Abomey recently returned by the Musée du Quai Branly, and on the contemporary art scene of Benin and its diaspora, major and emerging artists, through a museum tour of more than 2,000 m2 and a dive into more than three centuries of art history of Benin.

In order to celebrate this abundant cultural news from Benin, the African Art Book Fair wished to honor this contemporary art scene of great vitality and to introduce to the extended network of professionals in the art world the publication of the double catalog of the diptych exhibition « Benin Art in the past and today, from Restitution to Revelation: Royal Treasures and Contemporary Art of Benin »: an artistic, cultural and editorial dynamic that reflects the effervescence of the new African contemporary scene and affirms the place of Benin as a nerve center of creation and artistic distribution. 

BENIN, COUNTRY OF HONOUR OF THE AFRICAN ART BOOK FAIR – DAK’ART BIENNALE OFF 

Vernissage – cocktail : may 20 at 5.30pm

Performance : may 20 at 5.30pm with the artists Benjamin Deguenon and Rafiy Okefolahan 

Capsule exhibition : from may 19 to may 22 with the artists Euloge Glèlè and Didier Ahadji, in partnership with Vallois gallery

Roundtable : saturday, may 21 from 11am to 12am

Presentation of the double catalogue « Trésors Royaux » and « Art contemporain du Bénin » diptych exhibition « Art du Bénin d’hier et d’aujourd’hui, de la Restitution à la Révélation »

​​Speakers : 

Bénédicte Savoy, art historian, holder of the chair devoted to « Art History as Cultural History » at the Technical University of Berlin, co-author with Felwine Sarr of the report Restituer le patrimoine africain (Restitute African heritage)

Didier Houénoudé, art historian and director of the Institut National des Métiers d’Art and of Archeology at the University of Abomey Calavi

Coline Toumson-Venite, cultural engineer, in charge of the Arts and Culture mission of the Presidency of the Republic of Benin

Yassine Lassissi, art director of the National Art Gallery of Benin

Moderator :  Franck  Hermann Ekra, art critique, member of AICA international art
Immersive experience of the virtual visit of the exhibition « Art du Bénin d’hier et d’aujourd’hui, de la Restitution à la Révélation » through a 360° 3D tour: from May 19 to 22, 2022

PAYS À L’HONNEUR

L’édition 2022 de L’African Art Book Fair à la biennale de Dakar est heureuse de vous annoncer sa collaboration avec le Bénin en tant que pays à l’honneur dans le cadre de l’actualité de l’exposition-événement « Art du Bénin  et d’aujourd’hui, de la restitution à la révélation » et de la parution du double catalogue d’exposition bilingue « Art contemporain du Bénin » et « Trésors royaux du Bénin » aux Éditions Hermann.

L’African Art Book Fair en partenariat avec la galerie Vallois et la librairie “Aux 4 vents” mettra en lumière la scène contemporaine béninoise à travers plusieurs actions culturelles et artistiques : au sein de sa foire du livre d’art, à travers une exposition capsule d’artistes contemporains du Bénin et des performances artistiques et autour d’une table-ronde thématique associant universitaires, historiens de l’art, critiques d’art et artistes tout au long de la semaine professionnelle de cette 14ème édition de la Biennale de Dakar : du 19 au 22 mai 2022.  

Inaugurée le 19 février dernier au Palais de la République du Bénin, à Cotonou, l’exposition « Art du Bénin d’hier et d’aujourd’hui : de la Restitution à la Révélation » constitue un événement d’envergure internationale qui marque un tournant historique pour les restitutions et la reconnaissance de la scène contemporaine béninoise.

Cette exposition diptyque et publique constitue un double événement : elle met en lumière de façon simultanée l’art classique du Bénin, particulièrement les vingt-six trésors royaux d’Abomey récemment restitués par le Musée du Quai Branly à Paris, et sur la scène artistique contemporaine du Bénin et de sa diaspora, des artistes majeurs et émergents, à travers un parcours muséal de plus de 2 000 m2 et une plongée dans plus de trois siècles d’histoire de l’art du Bénin.

Afin de célébrer cette actualité culturelle foisonnante du Bénin, l’African Art Book Fair a souhaité mettre à l’honneur cette scène artistique contemporaine d’une grande vitalité et faire découvrir au réseau étendu des professionnels du monde de l’art la parution du double catalogue de l’exposition diptyque « Art du Bénin d’hier et d’aujourd’hui, de la Restitution à la Révélation – Trésors Royaux et Art Contemporain du Bénin » : une dynamique artistique, culturelle et éditoriale qui rend compte de l’effervescence de la nouvelle scène contemporaine africaine et qui affirme la place du Bénin en centre névralgique de création et de diffusion artistique. 

LE BÉNIN, PAYS À L’HONNEUR DE L’AFRICAN ART BOOK FAIR- LE  OFF DAK’ART BIENNALE 

Vernissage – cocktail : le 20 mai à 17h30

Performance : le 20 mai à 17h30 avec les artistes Benjamin Deguenon et Rafiy Okefolahan 

Exposition capsule : du 19 au 22 mai avec les artistes Euloge Glèlè et Didier Ahadji, en partenariat avec la galerie Vallois 

Table ronde : samedi 21 mai de 11h à 12h

Présentation du double catalogue « Trésors Royaux » et « Art contemporain du Bénin » de l’exposition diptyque « Art du Bénin d’hier et d’aujourd’hui, de la Restitution à la Révélation » 

​​Intervenant.e.s : 

Bénédicte Savoy, historienne de l’art, titulaire de la chaire consacrée à l’« Histoire de l’art comme histoire culturelle » à l’université technique de Berlin, co-autrice avec Felwine Sarr du rapport Restituer le patrimoine africain

Didier Houénoudé, historien de l’art et directeur de l’Institut National des Métiers d’Art et d’Archéologie de l’Université Abomey Calavi

Coline Toumson-Venite, ingénieure culturelle, chargée de mission Arts et Culture du Président de la République du Bénin

Yassine Lassissi, directrice artistique de la Galerie Nationale du Bénin

Modérateur :  Franck Hermann Ekra, critique d’art, membre de l’AICA international 
Expérience immersive de la visite virtuelle de l’exposition « Art du Bénin d’hier et d’aujourd’hui, de la Restitution à la Révélation » à travers un parcours en 3D à 360°: du 19 au 22 mai 2022

AABF EXHIBITION

Editing to not remain silent

Curator : Pascale Obolo

Artists : Willys Kezi, Miguel Marajo, Macina Camara and Rafiy Okefolahan

The exhibition Editing to not remain silent opens up paths, offers perspectives, and calls for reflection on oneself, on others, on the world. During the covid in 2020, the cultural word was designated as non-essential in our societies. The closed creation places, the artists found themselves to explore other creation spaces to continue to create, but also to question new writings, new visual languages. Impossible to show or see works in cultural structures, affected by the closures. The book became an aesthetic weapon of massive construction regardless of its contents, its form or its language.

Many artists have turned to the production of the artist’s book to create new narratives, new imaginaries. The book medium is thought of as a space of emancipation, a space of aesthetic, typographic, political and poetic experimentation. The artist’s book invites to an aesthetic, visual, plastic and organic experience in order to teach us to look and read the world differently. Through the rich proposals of artists Willys Kezi, Miguel Marajo, Macina Camara and Rafiy Okefolahan, with writing, drawing, collage and installation, the exhibition  Editing to not remain silent shows the multidisciplinary character of the art book.

This exhibition questions the artist’s book in its capacity to transmit new stories through a multitude of proposals from the artists represented in this exhibition. The artist Willys Kezi questions the precariousness through the fragility of Kraft paper. Miguel Marajo takes us on an environmental disaster in the West Indies, with his proposal of small books with several parts. Rafiy Okefolahan experiments with an endless book of drawings, saturated with color. He convenes a ritual relationship that connects the viewer to the book. As for the artist Macina Camara, his work is conceived as an installation of books in resonance with our history and our memory. 

EXPOSITIONS :​​ DU 19 AU 22 MAI 2022

Éditer pour ne pas rester dans le silence

Commissaire d’exposition : Pascale Obolo 

Artistes :  Willys Kezi, Miguel Marajo, Macina Camara et  Rafiy Okefolahan

L’exposition Éditer pour ne pas rester dans le silence ouvre des voies, offre des perspectives, appelle à réfléchir sur soi, sur les autres, sur le monde. Pendant le covid en 2020, le monde de la culture était désigné comme non essentiel dans nos sociétés. Les lieux de création fermés, les artistes se sont retrouvés à explorer d’autres espaces de création pour continuer à créer, mais aussi à questionner des nouvelles écritures, de nouveaux langages visuels. Impossible de montrer ou voir des œuvres dans les structures culturelles, touché par les fermetures. Le livre est devenu une arme esthétique de construction massive quel que soit son contenu, sa forme, son langage.

Beaucoup d’artistes se sont tournés vers la production du livre d’artiste pour créer de nouveaux récits, des nouveaux imaginaires. Le médium livre pensé comme un espace d’émancipation, un espace d’expérimentations esthétiques, typographiques, politiques et poétiques. Le livre d’artiste invite à une expérience esthétique, visuelle, plastique et organique afin de nous apprendre à regarder et à lire le monde différemment. À travers les propositions très riches des artistes Willys Kezi, Miguel Marajo, Macina Camara et  Rafiy Okefolahan en passant par l’écriture, le dessin, le collage et l’installation, l’exposition Éditer pour ne pas rester dans le silence montre le caractère multidisciplinaire de l’ouvrage d’art.

Cette exposition  questionne le livre d’artistes dans sa capacité à transmettre des nouvelles histoires à travers une multitude de propositions d’artistes représentés dans cette exposition. L’artiste Willys Kezi questionne la précarité à travers la fragilité du papier Kraft. Miguel Marajo nous embarque dans un désastre environnemental aux Antilles, avec sa proposition de petits livres à plusieurs volets.  Rafiy Okefolahan éxpérimente un livre de dessin sans fin, saturer de couleur. Il convoque une relation rituelle qui relie le spectateur au livre. Quant à l’artiste Macina Camara, son œuvre est conçue comme une installation de livres  en résonance avec notre histoire et notre mémoire.

ARTISTS / ARTISTES

Miguel Marajo

This object that offers itself to us, delivers some synchronous adjustments around the works of Miguel Marajo. When we open the precious black envelope, the tip of a banana appears. 

Highly symbolic fruit, Chlordecone obliges, at the time of the « everything natural », it faces the environmental disaster in the West Indies.  So, with humor, he takes us on a funny ride where the banana takes the reins.  We discover a small book with several parts.

On the cover, photos of the installation he created in 2021 during his performance « The enigma of the white hole ». In this performance he tried to annihilate the vestiges of colonialism that lie dormant in him. Inside several works accompanied by poetic texts in echo, illuminate his statement. 

Miguel Marajo drew with a Posca marker, creating an interaction between the different pages.  Each copy is unique and numbered.

Cet objet qui s’offre à nous, livre quelques ajustements synchrones autour des œuvres de Miguel Marajo. Lorsqu’on ouvre la précieuse enveloppe noire, apparaît l’extrémité d’une banane. 

Fruit hautement symbolique, Chlordécone oblige, à l’heure du “tout naturel”, il affronte le désastre environnemental aux Antilles.  Alors, avec humour, il nous embarque dans un drôle de manège où la banane prend les rênes.  Nous découvrons un petit livre à plusieurs volets.

Sur la couverture, des photos de l’installation qu’il a créée en 2021 lors de sa performance “L’énigme du trou blanc”. Dans cette performance il tentait d’annihiler les vestiges du colonialisme qui sommeillent en lui. À l’intérieur, plusieurs œuvres accompagnées de textes poétiques en écho, éclairent son propos. 

Miguel Marajo a dessiné au feutre Posca en créant une interaction entre les différentes pages.  Chaque exemplaire est unique et numéroté.

Willys Kezi

“Canson, mixte technique” 2017

Willys Kezi is a visual artist born in 1985 in Kinshasa in the Democratic Republic of Congo. She graduated in Fine Arts and Painting from the Academy of Fine Arts of Kinshasa in 2008. The artist pursues her research through performances, drawing, collages and painting. More recently, her latest series of drawings, made on kraft paper shopping bags, evokes Kinshasa and Parisian life. « By dint of accumulating them, I liked these papers which seem to correspond to me: fragile and solid, disposable and useful, to keep and to recycle. They are also, for this series, the symbol of the consumer society ».

Willys Kezi est une artiste plasticienne née en 1985 à Kinshasa en République Démocratique du Congo, diplômée en Arts  plastiques et peinture de l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa en 2008. L’artiste poursuit sa recherche à travers les performances, le dessin, les collages et la peinture. Plus récemment, sa dernière série de dessins, réalisée sur des sacs de courses en papier kraft comme la série « Blessure / Luxure » , ou en  papier Canson, évoque la vie kinoise et la vie parisienne. “A force de les accumuler, j’ai aimé ces papiers qui semblent me correspondre : fragiles et solides, jetables et utiles, à garder et à recycler. Ils sont aussi, pour cette série, le symbole de la société de consommation”.

Rafiy Okefolahan

installation by Rafiy Okefolahan, «Colors inspired by spirits»

Rafiy Okefolahan’s art is part of a multimedia approach, but conceptually it is not so heterogeneous, rather it is positioned with stiffness and seriousness.

The core of the Okefolahan process is the inspiration that is largely drawn from the context of African culture and the religion of voodoo. Starting with the concept of devotion to spirits and deities, the artist questions this mysterious spiritual tradition in light of the abuse of power and daily injustices in Benin.

Apparently intrigued by the subject of perception in general, Rafiy Okefolahan explores the hidden worlds beneath human consciousness. The ever intense relationship between the real and the incomprehensible is what leads the artist to question complex political and social mechanisms.

His production of textured canvases is spontaneous and saturated with color, and sometimes text. He uses organic materials such as earth, sand or coffee grounds to point out the chaos of reality, as he likes to say.

Rafiy Okefolahan communicates his experiences: states of animation and desolation.

The difficulty of living in a repressive society where the individual is not able to express himself has deeply affected his creative process and has made his art perceived as surreal and dark.

Rafiy Okefolahan was born in 1979 in Porto-Novo. He studied at the National School of Arts in Dakar and trained simultaneously in coaster painting and photography. 

L’art de Rafiy Okefolahan s’inscrit dans une démarche multimédia, mais d’un point de vue conceptuel. Le cœur du processus Okefolahan représente l’inspiration qui est issue de la culture africaine et de la religion de vaudou. Partant du concept de dévotion aux esprits et aux divinités, l’artiste interroge cette mystérieuse tradition spirituelle selon les abus de pouvoir et les injustices quotidiennes au Bénin.

Apparemment intrigué par le sujet de la perception en général, Rafiy Okefolahan explore les mondes cachés sous la conscience humaine. La relation toujours intense entre le réel et l’incompréhensible est ce qui amène l’artiste à s’interroger sur les mécanismes politiques et sociaux complexes.

Sa production de toiles texturées est spontanée et  saturée de couleur, et parfois de texte. Il  utilise des matériaux organiques comme la terre, le sable ou le marc de café pour pointer le chaos de la réalité, comme il aime à le dire. Rafiy Okefolahan communique ses expériences vécues : des états d’animation et de désolation. La difficulté de vivre dans une société répressive où la personne n’est pas en mesure de s’exprimer a profondément affecté son processus créatif et a fait percevoir son art comme surréaliste et sombre.

Rafiy Okefolahan est né en 1979 à Porto-Novo. Il étudie à l’École Nationale des Arts de Dakar et se  forme simultanément à la peinture sous-verre et à la photographie.

Macina Camara

Macina Camara, known as « Le Pharaon », is a visual artist and art teacher at the Ngaladou Diouf high school in Mermoz, Dakar, Senegal. Son of the late Badara Camara (painter and art teacher). After his training at the ENA he was able to discover that architecture was not very far from the plastic arts, and that it even belongs to the great field of arts. Making artists’ books is a way for him to prevent our libraries from dying. He elevates the publication to the rank of an art object. In his book-objects, his work focuses on semiology applied to the image: on iconic signs, symbolic signs, hieroglyphic signs. This approach is a way for him to show the contributions of art in the history of humanity and more precisely in any process of creation and thus of development.

Macina Camara dit « Le Pharaon » est plasticien et professeur d’art plastique au lycée Ngaladou Diouf de Mermoz à Dakar (Sénégal). Fils du feu Badara Camara (artiste peintre et professeur d’art plastique). Après sa formation à l’ENA il a pu découvrir que l’architecture n’était pas très loin des arts plastiques, et qu’elle appartient même au grand domaine des arts. Faire  des livres d’artistes est un moyen pour lui  d’empêcher nos bibliothèques de mourir. Il élève ​la publication au rang d’objet d’art. Dans ses objets-livres, son travail porte sur la sémiologie appliquée à l’image : sur les signes iconiques, les signes symboliques, les signes hiéroglyphes. Cette approche est une manière pour lui de montrer les apports de l’art dans l’histoire de l’humanité et plus précisément dans tout processus de création et donc de développement.

DAKARCHIVES EXHIBITION

Crédit : La Galerie Carole Kvasnevski

For the curatorship of its exhibition, the African Art Book Fair invites Carole Kvasnevski and the curator Abdou Diouf Ndiaye to reread the history of the Dakar Biennale from the archives of the catalogs of the successive editions of the said art biennale. 

This research work has been undertaken with the aim of providing the Dakar Biennale with a memory and a practical tool for all. The base of documents obtained during this first phase of research (documents presented during the African Art Book Fair 2022) will be enriched each year and increased over the years by new contributions.

Our continent needs critical and analytical tools to project itself into the future. Our exhibition on the archives of the Biennale is only a small contribution to the immense work that should be opened in the years to come to analyze, comment and update the mechanisms to sustain this international event.

These documents will allow us to understand the history of the mother of African biennials, its evolution over 32 years of existence and its anchorage in the world of contemporary art. This exhibition will present the biennial from several angles, through various documents produced on different media (catalogs, posters, audio and video reports, etc.), depending on the different actors of this biennial (successive artistic directors, guest curators, journalists, etc.). 

DAKARCHIVES

Commissaires d’exposition : Abdou Diouf Ndiaye et Carole Onambélé Kvasnevski

Résumé du projet de recherche :

Ce travail de recherche a été entrepris dans le but de doter la Biennale de Dakar d’une mémoire et d’un outil pratique pour tous. La base des documents obtenus lors de cette première phase de recherche (docs présentés pendant AABF 2022) sera enrichie chaque année et augmentée au fil des années par de nouveaux apports.

Notre continent a besoin d’outils critiques et analytiques pour se projeter dans l’avenir. Notre exposition sur les archives de la Biennale n’est qu’une petite contribution à l’immense chantier qui devrait s’ouvrir dans les années à venir pour analyser, commenter et mettre à jours les mécanismes pour perdurer cette manifestation internationale.

La scénographie de l’exposition :

Les archives obtenues au cours de ce travail de recherche seront exposées au Centre de Ressources Ousmane Sembène, face au musée de la Femme, Place du souvenir africain à l’occasion de l’African Art Book Fair du 19 au 22 mai 2022.

Ces documents permettront de comprendre l’Histoire de la mère des biennales africaines, son évolution au fil des éditions sur 32 ans d’existence et son ancrage dans le monde de l’art contemporain. Cette exposition présentera la biennale sous plusieurs angles de vue, au travers de documents divers et variés produits sur différents supports (catalogues, affiches, reportages audios et vidéos, etc), en fonction des différents acteurs de cette biennale (directeurs artistiques successifs, des commissaires invités, des journalistes, etc). 

BENIN CAPSULE EXHIBITION

Presentation of the artists Euloge Glèlè and Didier Ahadji, in partnership with the Vallois Gallery in order to honor Benin.

Présentation des artistes Euloge Glèlè et Didier Ahadji, en partenariat avec la galerie Vallois afin de mettre à l’honneur le Bénin.

Euloge Glèlè

Euloge GLÈLÈ was born in Cotonou (Benin) in 1977. This descendant of the kings of Abomey has attracted attention for the quality and detail of his work: « For his terracottas, Euloge GLÈLÈ draws his inspiration from the daily life of his fellow citizens. Dancers, hair braiders, motorcycle cab drivers, market gardeners or even entire families perched on a motorcycle (the zemidjans) serve as subjects for these figures worked with a knife and painted or left in their raw state » (Cédric RABEYROLLES DESTAILLEUR)

Euloge GLÈLÈ est né à Cotonou (Bénin) en 1977. Ce descendant des rois d’Abomey a attiré l’attention par la qualité et le détail de son travail : « pour ses terres cuites, Euloge GLÈLÈ puise son inspiration dans la vie quotidienne de ses concitoyens. Les danseuses, tresseuses de cheveux, conducteurs de taxi-moto, maraîchers ou encore des familles entières juchées sur une moto (les zemidjans) servent de sujets pour ces figurines travaillées au couteau peintes ou laissées à l’état brut » (Cédric RABEYROLLES DESTAILLEUR)

Didier Ahadji

Born in Vogan, Togo, on May 23, 1970, Didier AHADJI expressed a precocious talent from a very young age. Indeed, he designed toys for himself and his childhood friends from various materials, especially iron. As a teenager, he used to go to the Vogan market every week to sell his creations. After training as a welder, he became an apprentice and then an employee in a body shop in the capital Lomé. At the age of 24, he decided to become independent and to become a « welder artist » and to live off his true passion, creation, following the example of Chéri SAMBA. Thus, recovering tin cans, pieces of cars (roofs, doors, hoods of Mercedes-Benz), he cuts, sculpts, assembles, welds and paints the metal. As is often the case in Africa, nothing is lost and the recycled objects find a new and often unexpected life.

Né à Vogan, au Togo, le 23 mai 1970, Didier AHADJI a exprimé un talent précoce dès son plus jeune âge. Il concevait en effet, pour lui et ses copains d’enfance, des jouets à partir de divers matériaux, en particulier le fer. Adolescent, il se rendait chaque semaine au marché de Vogan pour vendre ses créations. Après une formation de soudeur, il devient apprenti puis employé dans une carrosserie de la capitale Lomé. A 24 ans, il décide de prendre son indépendance et de devenir « artiste soudeur » et de vivre de sa véritable passion, la création, à l’instar de Chéri SAMBA. Ainsi, récupérant des bidons en tôle, des morceaux de voitures (toits, portières, capots de Mercedes-Benz), il découpe, sculpte, assemble, soude et peint le métal. Comme souvent en Afrique, rien ne se perd et les objets recyclés retrouvent une nouvelle vie souvent inattendue.

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WORLD UP! (Sous-mounde venté)

par PAW (Paul-Aimé WILLIAM) (21 Février 2022 à 18:20)

crédit : Jay Ramier, Sunday Service, 2021 (Galerie Rabouan Moussion (Paris))

Nou pé ké janmen caou ca fouyé-difé ! Les brigades anti-négrophobies menées au quotidien par Jay Ramier s’exprime à travers son exposition personnelle dédiée à la musique noire comme pensée/force/projet de résistance & d’émancipation dans un magistère de lahars décolonisant et engloutissant fort musiquement les permanences raciales. 

Refusant le blanchiment pacificateur des murs du centre d’art contemporain, l’artiste guadeloupéen nous projette dans ses limbés ๛exsanguent de toute lactation. Lieux approfondis de feuilles mortes d’histoires occultées et de fruits succulences d’horizon d’où la sentence fièrement flamme « accommodez-vous de moi, je ne m’accorde pas de vous1 » siffle subrepticement (nos f***** cold crushing, nos suffocations sublimes) dans les espaces blêmes du Palais de Tokyo. Delà l’oeuvre Selebwasyon fait siens les tracées du pater de l’artiste invitant à un lahar de sa noirceur hors du vernis de notre modernité raciste. Mer de grain de café (ō chivé grennen dans le sable), djouk l’en-messe (mè so djèz), ceinture (wachacha), livre saint (ō chanté noël), clé sans verrou (or les portes des cayennes du bourg sont toujours grandes ouvertes), dessin de la peintresse Clementine Hunter (ō claireté d’un peuple)… Ces matières d’une vie (an nèg sé an milénè) enfouaillent plus d’un récit antillais habité de cyclones et de nouveaux dieux qui veillent sur ces puissances et dignités muselées (mais ils diront que c’est foutaise, que ce ne sont que choses mortes, inertes. Nous clamerons que la mort chasse toute vie de toutes choses comme conque sans lambi or de l’illimité jà la vulve du conque trompette son pollen de verges à fleur fermentatives ๛) 

Jay Ramier, Selebwasyon, 2021 (Galerie Rabouan Moussion (Paris))

« Juke, Jook, Jouk, Djouk »

Plus loin, une chaîne hifi découpée est accrochée sur un mur où est posé une photo agrandit peignant une fête midi-minuit rythmée de musique et de danse appartenant aux archives familiales de l’artiste. Cette chaîne hifi est la troisième du pater de Jay Ramier. Elle fait échos à l’autre agrandissement photographique sur le grand pan de mur à gauche représentant Ti-jay plein de joies et la grande personne heureuse posant (pas seulement pour la frime) avec leur toute première chaîne hifi, dernier cri. Une statuette Fang dorée est, par du ruban adhésif noir, liée en porte à faux à cette appareil-hifi. Cette assemblage de forme est succinctement baptisé comme un engin : Juke Joint. « Joint » est un argot africain-américain pour produit ou production. « Juke, Jook, Jouk, Djouk » est un mot wolof et bambara qui a traversé l’atlantique dans le ventre tremblant du bateau négrier et signifie « piquer en dansant » dans les pays-caraïbes (on dit aussi « piqué djouc » en africain-guyanais) ; le mot désigne également un bar dansant ou parfois de prostitution (pour piquer, jook gal, coquer, baiser, to jazz, faire l’amour) dans le Sud des USA et donnera en dérivant le cultissime juke-box. Et delà, ce juke-joint est une boîte à vent car « la chose à souhaiter c’est le vent2 », appareil apocalyptique à tam-tam I & II, grande machine à petits « orgasmes de pollutions saintes / alleluiah3 » qui réveille les liaisons insolubles que boucane les arts incrés, les lyannages prophétiques, les maâts, les philosophies et les luttes sociales et politiques des mondes noirs. 

N’ai jamais su son métier… il m’avait offert sa chaîne ifi… étais venu la chercher dans sa case… Le séjour confiné était rempli de disc… depuis me suis tjrs dit que mon voisin était prof de musique à la retrait… La chaîne ifi donnait bien, lourd… confort suprême avec du Bad… m’en suis séparé pour m’offrir une paire de shoes… ne me rappelle plus si c’était avant ou après son premier avécé… un monsieur est venue la chercher… mais il manquait la télécommande avec la petite lumière rouge… il est parti sans… ai senti à ce moment là que cette appareil avait d’la valeur pour les avertis… toute grise avec lecteur cassette & cédé, prise jack, deux enceintes, une télécommande, ma première chaîne ifi… à côté de mon lit, objet précieux… au petit jour, celle de mes parents marche toujours… Zouk, Soka, Reggae… celle de mamie a toujours été là depuis ma naissance décorée d’une dentelle blanche… Radio, l’évangile du jour, les infos du matin, les émissions de neuf-heure-midi et sans oublier au déjeuner les avis de décès… celle de grand-père pareil… cédérom acheté chez Musique Music à Cayenne… Biguine, variété, musique carnaval, chanson pour enfant, Yeahyeah…

(GDL)

Le premier espace de l’exposition Gadé difé limé (GDL) est intime, reconnaissable à tout familier d’une vie antillaise cambriolée et mêlée aux heures mêmes du déracinement africain et de l’exportation hors du pays basal vers la putain de métropole. Autre-part, la seconde partie de GDL accueille les visiteur.e.s avec un graffiti « KEEP DA FIRE BURNIN’ » au lettrage explosif et à l’entour incrusté de paillettes. Cette façade est la reprise vocale en argot du titre de l’expo qui hommage l’auteur de Fire Next Time, James Baldwin et fame (variant féminin de hommager ; « fa-me », gloire en anglais et ancien mot pour femme il y a l’antan) qui fame donc la chanteuse africaine-américaine Gwen McCrae dont le titre d’un de ces morceaux donne ses lettres de noirceur à l’évènement. Ooh can u feel it? We can. Now move it on dancefloor. Love Love yeeah amour sur amour sur amour boum. Le second espace conçu par Jay Ramier est un éloge à la musique funk qui enflammait son adolescence au coeur des bombardements du hip-hop et qui donna des ailes, dans les années 80, à aka Jay One et son collectif da BadBC (Bad Boys Crew). 

« Le funk est un genre musical ayant émergé vers le milieu des années 1960 aux États-Unis, dans la lignée du mouvement hard bop. Le terme funk provient de l’argot anglo-américain FUNKY, qui signifie littéralement « puant », « qui sent la sueur », insulte-traditionnellement-adressée-aux-noirs par les Blancos (WASP++) et reprise ensuite à leur compte par les artistes noirs tel que Horace Silver dans son morceau Opus de Funk (1953). »

(Encyclopédie ; texte remixé)

Dans une pièce sombre au paraître de salle de concert se rencontrent et s’unissent les oeuvres d’artistes proches ou lointains invités. Des allures (on ne parle plus d’oeuvres, plus de formes, plus de concepts, non aucun, mais d’allure comme des marronneur.e.s fuyant loin la plantation sous les bois pareil à des allures furtives) relatent des histoires aux fleurs jumelles dans un mouvement de sympathie entre les humanités artistiques. Ce ndiakhass de souffrance et de feu de sang (ndiakhass, mélange en wolof) se retrouve dans l’allure Carte du tendre de 1963 du suprême artiste haïtien Hervé Télémaque, dans quoi le mot sym-pathie-pathos prend tout sa folle négativité. 

« Allures. « Ses allures sont du côté de Capesterre. » L’expression désigne (les esclavisé.e.s) et les lieux de fréquentation de l’esclavisé.e.s parti en marronnage. Ils peuvent se situer à proximité de l’habitation ou être beaucoup plus éloignés, en fonction des complicités dont l’esclavisé.e.s peut bénéficier ou des opportunités de travail qu’il peut trouver. »

(ISBN : 9782843140037 ; texte remixé)

Un dispositif cartographique vermoulu mesuré par un cadran romain ayant pour nombril le pôle nord fait plan des intourists de douces petites conquêtes en flèche. Des dentiers peints un coquillage rose et des étiquettes de voyages américains jonchent le dispositif en étagère. Au-dessus, une poupée acéphale et bicolore (noir et blanc) est poignardée dans le dos par un couteau traversant la latte supérieure. Cette mise en scène est ici-là comme pour narrer les catatonies de ce monde qui ne peut demeurer sans le meurtre d’humanités écartelées et jetées sans cap… oeil incendié aux quatre vents où échouent des ricanements et des chants de travail d’îles à sucres en ahanement de terre bananière l’unes l’autres pendu à même des isthmes au gouffre de l’indifférente brutalité. Nou pa sa soumoun, nous ne somme pas vos déchets. Sous-moun, sous-mounde, sous-monde, sous-humanité servis comme des amuses-gueule sur la table de diables (vyé-moun) ayant pris l’apparence de François Pinot et de Bernard Hayot. 

Hervé Télémaque, La carte du tendre, 1963, (Galerie Rabouan Moussion (Paris)) credit : Adagp, Paris, 2021.

Sous-mounde,

L’étude « Mère-Afrique » d’Hervé Télémaque épingle les micro-violences de la quotidienneté que traînaille les sous-mondes sur le bitume de nos sociétés négrophobes. On ne peut guère plus même garder, dans ces conditions indignes, la vision irréparable des tristes vieux jours passé à travers une représentation d’une « nourrice noire promenant un enfant blanc d’Afrikaners, le long d’une plage de Johannesburg interdites aux noires ». WHITE PERSONS ONLY, SUPRÉMATIE BLANCHE VICTORIEUSE. À coté de cette assomption quotidienne de l’anti-noirceur, les photographies de Martine Barrat rebaille les dynamites du ressentiment et de la dignité noire à celles et à ceux à qui l’on cloua une race dans la chair. CLAIMS POWER, HÈLER LA PUISSANCE NOIR. JOBS NOT JAILS, MÉTIERS OUI, INCARCÉRATION NON.

Plus haut, Sunday Service de Jay One relie deux petits spirituels en forme d’angelot annonciateur de musique bouchée sur une étagère à frange noire où est disposé au mitan un vinyle miroitant des invisibles (mais ils diront le vide, le néant. C’est deux jumeaux emmêlés dans des cordelettes sont les allégoriques de négrillons et de négrites crevé.e.s dans la plantation ou né.e.s dans le marronnage ou bien importé.e.s d’Afrique à fond de cale et qui eurent a joué tantôt ce qui souffla vie aux musiques noires africana : Candombe. Negrospiritual. Blues. Ragtime. Jazz. Samba. Be-Bop. Funk. Soul. Rap. Zouk. Compa. Drill…) Iels sont les poupées noires que quimboise le poète guyanais Léon-Gontran Damas dans son poème Limbé : « Rendez-les moi mes poupées noires / qu’elles dissipent / l’image sempiternelle / l’image hallucinante / des fantoches empilés féssus / dont le vent porte au nez / la misère miséricorde ». 

Jay Ramier illustrait, il y a dix ans passé, le recueil de poème posthume Dernier escale de L-G. Damas et de vitesse ses paroles au couteau reviennent en ressacs comme une odeur de boucane. Un second poète habite l’espace étreint de lumière sympathique, Edouard Glissant incarné par une page manuscrite de son poème Chant d’Odono / sur les esclavages et leurs abolitions. Odono, Oh Odono, Oho Odono, cet ancêtre primordial qui connu le premier la boccanegra-atlantica du trois-mât, une tragédie-délire qui ne cessa de quitter-revenir les somatiques africaine-descendantes comme un hoquet. 

Un troisième poète habite l’espace à travers la vidéo Marron, Anthony Jennings qui connu l’incarcération durant 31 ans dans l’une des nombreuses prisons négrophiles de l’atlantique noir. Cet homme noir et âgé est l’un des plus respectés gangsters de Brooklyn. Il a charbonné entre les années 70 et 90 ; ces histoires vécues à la façon d’un roman de Chester Himes ont inspiré de nombreux rappeurs de Brownville (NYC) et des scénaristes de passage qui s’empressaient aussitôt de les retranscrire dans leurs textes. Jay One le filme en drivant à travers les rues de l’en-ville croqueuse de chairs noires en le considèrant comme une allure « à l’intérieure même de cette contestation global qu’est le marronnage » au même titre que Glissant, dans son Discours antillais, désignait la figure du marron comme « héros populaire des Antilles » s’amalgamant bon gré mal gré par intoxication et aliénation coloniale à la posture incarcérable du bandit de droiture. 

Anti-noirceur

Les effets de cette anti-noirceur structurelle s’observent aussi dans l’accablant portrait de Michel Zecler peint en icône par l’artiste Ariles de Tizi. Michel Zecler est cet antillais qui fut lynché en 2020 par des condés blancs dans son studio d’enregistrement à pAris après un contrôle abusif. Le lynchage, barbarie refoulée dans l’inconscient esclavagiste, béance de l’historicité de l’empire colonial français, est un passage à tabac en réunion réalisé majoritairement par un groupe de blancs sur des humanités exclusivement noires. Ainsi, on conclut toujours d’un lynchage même si cela n’a pas provoqué la mort de la victime. La noirceur de l’allure, du visage de Michel Zecler troué de plaies de sang s’immortalise sans beauté sur un fond de papier d’or encadré d’un bois sculpté mordoré afin que ses ferrements de terreur ne se dissipe pas sinistrement flat dans l’indigne et muette prose du racisme d’État qui blanchit systématiquement les bourreaux, les assassins, les meurtriers, les geôliers ; niant ainsi la vérité abrupte de la victime du supplice et légitimant de fait la brutalité viriliste des flics. À BAS LA POLICE.

blackboule toute suprématie, ō insondable respiration de lumières

Chacune des allures dans ce limbé lagunaire ๛ est une torche vive phosphorescence que ndiakhass les lassos de claireté élaborées et diffusées par Jay Ramier. Vif, le visage brûlants de Gwen McCrae en concert peint par Jay One à partir de la vidéo Keep The Fire Burning sur YouTube. Dense et mystique, le fichage du visage du grand-père de l’artiste Ydania Li-Lopez qui quitta sa Chine natale pour immigrer dans la Babylone nommée Etats-Unies d’Amérique. Digne, la posture souveraine de Queen Latifah présente par un découpé de la couverture de son album All Hail the Queen accompagnéed’une dédicace « to Jay One, Peace & Love ». Âpre, le poids glacial du calcul racial à travers l’utilisation d’instrument de coiffure pour cheveux crépus dans l’allure Funk, Heavy (funky et lourd). Appartenant à la famille Ramier, une tendeuse, des peignes afro à grandes dents adaptés aux cheveux crépu côtoient un fer à lisser d’antan utilisé pour imiter l’esthétique destructrice de la suprématie blanche : assouplir, brûler, torturer, conformer « à la lisse4 » le cheveux, et tout bien pesé, inoculer la maltraitance de soi généralisée aux humanités noires.

Jay Ramier, Funk, Heavy (funky et lourd), 2021 (Galerie Rabouan Moussion (Paris))

Funky, enfin, l’exposition où paradoxe total ! la musique ne s’entend qu’en l’effet ou voire qu’après l’allure et parfois sur le coup par l’activation exempli gratia de l’acte éditorial live du dernier numéro en date de la revue d’art contemporain AFRIKADAA, Les révoltes silencieuses. Deux jours auxquelles le public est convié à voyager dans les limbes des révolutions insulaires emmêlé d’une invitation à écouter l’épique des danseurs et musiciens de gwoka, les vibrations de la parole des poètes et les allures des artistes invité.e.s dans ce tremblement de vent et de drapeaux d’indépendance où « le malheur au loin de l’homme se mesure aux silences5 ». Ici même, nous voilà tous de loin en loin sur la maâture du grand soir ! le silence nous inonde, c’est l’errance kanmougué de la musique, surdité dont las les nègreries désavouent le verbe : marronner ๛

Delà nous saluons d’une insurrection d’échos de claireté les sous-mondes porteur.ses d’allures rebelles : Wélélé nou rhélé Jay Ramier l’atis selebwé jodia mil feu asou so projè fouyé-difé nou ca hélé Hugo Vitrani fan inconditionnel et commissaire de l’ekpozysion ōhō lésé difé pran’l oulélé Pascale Obolo à la flamme d’amitié de trente ans, les murs tremblent moulélé Gwen McCrae vwa badja laro ouaille nou rélé James Baldwin le scribe à la parole sereine ō maât moulélé Damas le nègre basal woulélé Okwui Enwezor l’oeil de poussières d’histoires ō cendres anba la tè ō sérélélé AFRIKADAA la revue d’art militante du futur rélélé Césaire l’habitant de la lagune hélélé Odono le vent d’enfance imaginaire oulélé l’art du Gwoka oh kasé le chant du fleuve Congo épa Sarah Maldoror cinéaste matador dont les brigades se poursuivent au poing épi mousélélé cé mounde-an ci té ca maron bitation l’état françè & sé esclavagist-an cé tout bagaj an lè yé chimin, hache couto fusi walali walala pou défen yé kô di dogue sé mèt-an ki té conten kayakaya la po yé gogo, yé jarè, yé lanmen. Zot couraj, zot balan, zot briga contre sé colon-yan qé yé institution plantation pé qé jin blié, nou qé soufflé « wélélé »  bay zot aye tambou lévé sous-monde venté ! Zot tendé Gadé difé limé ! Bomb Bomb Bomb cé pété ! 

Credit : Afrikadaa

Roulos da playlist : 

  • Elephant Man – Jook Gal
  • Gwen McCrae – Keep The Fire Burning
  • Cameo – Word Up!
  • Queen Latifah – Ladies First (feat. Monie Love)
  • J Dilla – African Rhythms
  • La rouge – Wie Zijne Wij (Bigi Banda)
  • The Last Poets – When The Revolution Comes
  • Erick Cosaque – Nou rivé
  • Man’ Serotte – Bef’ danbwa
  • L-G. Damas – Limbé
  • Ervin Weeb – I’m Going Gome
  • Jacques Coursil – Frantz Fanon 1952
  • Miles Davis – The Doo-Bop Song 
  • Horace Silver – Opus de Funk
  • $NOT & A$AP Rocky – Doja
  • Quequette – Elle Me Dévore

1 Aimé Césaire, Cahier d’un retour au pays natal

2 Aimé Césaire, Torpeur de l’histoire 

3 Aimé Césaire, Tam-Tam II

4 Juliette Smeralda, Cheveux d’appoint & Peau noire cheveu crépu, l’histoire d’une aliénation

5 Aimé Césaire, Torpeur de l’histoire

JAY RAMIER : KEEP THE FIRE BURNING (GADÉ DIFÉ LIMÉ)

Du 26/11/2021 au 13/03/2022 au Palais de Tokyo (13 Av. du Président Wilson, 75116 Paris)

PAW (Paul-Aimé WILLIAM) : Membre de la revue AFRIKADAA et doctorant en histoire de l’art de la Guyane (EHESS & IMAF).

WORLD UP! (Sous-mounde venté) Lire la suite »

AFRIKADAA MIXTAPE

par le collectif AFRIKADAA (18 Février 2022 à 11:37)

crédit : Jay Ramier

Nous vous proposons de relire ensemble le numéro #14 « Les révoltes silencieuses » de la revue d’art AFRIKADAA en participant à une expérience collective. À travers un paysage sonore sur les révoltes, les invité.e.s d’AFRIKADAA vont revisiter, poétiquement et politiquement, les questionnements issus de ce numéro à la manière d’une jam session collective à coups de lectures, de sessions musicales et de performances. « N’y-a-t-il pas dans les rythmes de tambours des notes silencieuses, auxquelles seuls les initiés répondent » — Jay One Ramier. Notre monde, nos espaces de marronnage-croisés sont remplis de messages sonores à explorer. Les récits et les sons dissimulés dans l’environnement, nous incitent à mieux écouter et à entendre le monde qui, trop souvent, à travers des regards masqués tempête de mécontentements silencés. 

Ce deuxième acte éditorial live du numéro d’AFRIKADAA portant sur les révoltes silencieuses est pensé comme un voyage sonore. Sonorités discordantes ou accordantes, l’art sonore est souvent un art de l’affect. En portant un intérêt sur l’écriture visuelle et rythmique comme espace de résistance, il s’agit d’ouvrir un champ élargi ou sont convoqués l’expérience des lieux, les parcours et les dérives physiques, les récits et les narrations sonores et corporelles à travers l’exploration des mémoires. Cet événement sera l’occasion de partager des énergies, vivre des émotions, imaginer des fictions, penser les utopies de la révolte afin de revisiter des histoires passées, présentes ou futures en présence des artistes  tel que : Jay One Ramier (peintre), Roger Raspail (musicien), Celia Faussart (chanteuse), Miguel Marajo (artiste-peintre), Nadia Valentine (artiste-peintre), Yann Cléry (musicien-poète), Kane Wung (danseur), David Démétrius (critique d’art), Paul-Aimé William (chercheur), Mo Laudi (plasticien-DJ), Flavien Louh (critique d’art), Dominique Pouzol (plasticien), Pascale Obolo (curatrice), Rocé (artiste).

Devoir de souffler, nous ne serons pas une génération écrasée. Le quatorzième numéro de la revue d’art AFRIKADAA propose une réflexion sur les révoltes silencieuses dans les Antilles-Guyane et l’Océan Indien, sur les relations entre art et militantisme. À quelles violences aveugles donnent-elles lieu ? Les militant.e.s, les artistes et les chercheur.euse.s nous apportent leurs réponses guerrières aussi diverses que les mêlées art-militants sont directes et complexes. Les militant.e.s antillo-guyanais.e.s, réunionais-es et mahorais-es sont-elles les nouveaux.elles artistes du 24ème siècle ? L’art prophétise les actions militantes. Les militantes « donnent voix » aux artistes du futur, car nul n’est prophète en son propre présent. 

Programme élaboré par la curatrice Pascale Obolo :

Performance de danse :
 Kane Wung / danseur (5 min)

– Intro : lecture performative du collectif AFRIKADAA (10 min)
– Talk : présentation du numéro sur les révoltes silencieuses
Avec : Pascale Obolo (curatrice/rédactrice en chef de la revue AFRIKADAA), David Démétrius (critique d’art), Paul-Aimé William (chercheur), Miguel Marajo (artiste peintre), Nadia Valentine (artiste peintre), Flavien Louh (critique d’art).

Performance méditative : Monstre-incarnation de l’Autre, Dominique Pouzol / plasticien (10min)

Perfomance musicale : Yann Cléry (20 min)

Talk : pensée les musiques noires comme espace de résistance avec les artistes Jay One Ramier, Roger Raspail, Célia Faussart (Nubians), Mo Laudi, Rocé.

Performance musicale : Rocé 

Lieu :
LA FAB. / Librairie agnès.b 

Place Jean-Michel Basquiat
75013 Paris, France


Horaire : 17H00-19H30

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PROJECT : AFRIKADAA – IS BLACK A COLOR ? CARTE BLANCHE À AFRIKADAA @ FMSH, 12 JUIN 2015

Is black a color ? L’art contemporain à l’épreuve des gestes artistiques d’appropriation de l’image de soi. Réflexions sur les représentations du corps noir dans les arts visuels.

Le séminaire « Le nœud du monde : politique du corps (post)colonial » accueille, à la Fondation Maison des Sciences de l’Homme (FMSH), ce vendredi 12 juin 2015 vers 18h sa dernière séance de l’année académique. Il sera question de réfléchir sur les représentations du corps noir dans les arts visuels. Au moment où, l’art contemporain défait nombreuses de nos habitudes visuelles – à travers performance, installations, nouveaux usages de la photographie etc. – cette séance veut examiner d’une part, quelques gestes artistiques contemporains qui continuent de déconstruire certaines représentations dominantes du corps noir liées à l’impérialisme colonial. D’autre part, elle entend aussi porter une attention particulière à certaines propositions actuelles qui engagent un travail sur la réappropriation de l’image de soi où le corps devient lui-même médium artistique.

À cette occasion Jephthé Carmil qui présente cette séance donne carte blanche à la revue AFRIKADAA. Celle-ci propose un acte éditorial live du septième numéro de la revue qui s’intitule « Corps médium », avec la participation de l’artiste plasticien et performeur Gastineau Massamba.

Intervenants :

Jephthé CARMIL est doctorant à Paris 7 – Paris Diderot et aux Beaux arts de Nantes. Il travaille sur les relations entre l’iconographie postcoloniale et l’art contemporain. Ses recherches explorent certains enjeux et implications que le « postcolonial turn » reflète dans les pratiques curatoriales contemporaines. Son engagement dans la recherche s’inscrit dans une perspective pluridisciplinaire et critique. Celle-ci côtoie les disciplines telles que : l’histoire de l’art, la sémiologie, l’esthétique, les études culturelles et postcoloniales. Pour ce semestre, il anime avec le groupe de recherche « Le nœud du monde : politique du corps (post)colonial » le séminaire « Archives en écho : repenser les mémoires et les imaginaires des indépendances coloniales » au centre d’art et de recherche Bétonsalon. Par ailleurs, il entame un projet photographique qui se nourrit notamment de ses recherches en arts visuels.

Pascale Obolo est rédactrice en chef de la revue AFRIKADAA et cinéaste. Née à Yaoundé (Cameroun), elle vit entre Paris et Yaoundé. Elle étudie au Conservatoire Libre du cinéma Français en section réalisation, puis obtient un master de cinéma à l’université de Paris VIII, section cinéma expérimental. Ses premiers films documentent le début du mouvement hip hop et la scène parisienne du graffiti. Activiste, son travail interroge les mémoires, l’identité, l’exil(é/e), l’invisibilité. Pascale Obolo est à l’origine de la structure AFRIKADAA, revue d’art contemporain et  laboratoire intellectuel et artistique.

« Corps médium », septième numéro de la revue AFRIKADAA, est conçu comme un espace curatorial. Partant de plusieurs travaux d’artistes, Pascale Obolo propose à travers ce numéro de questionner les enjeux du corps comme outil de pensée.

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PROJECT : AFRIKADAA – Y A-T-IL UN RÉGIME POSTCOLONIAL DES ARTS ? @ UNIVERSITÉ PARIS DIDEROT, 1-2 JUIN 2015


L’ère de la globalisation est, à l’évidence, postcoloniale. Pourtant, le postcolonial apparaît souvent moins comme le corrélat de la mondialisation que comme son envers. Se demander s’il y a un régime postcolonial des arts revient ainsi à s’interroger sur la dimension postcoloniale de la mondialisation artistique. Aujourd’hui, l’art, comme l’argent, ignore les frontières : c’est ce qu’il y a de plus fluide dans les échanges culturels. Il s’agira de saisir ce qui se produit aujourd’hui dans les arts visuels non à partir de « l’Occident » et de la mondialisation mais à partir du « reste du monde » et de la postcolonialité, croisant « vues d’ici » et « vues d’ailleurs ».

Seloua Luste Boulbina, avec le Laboratoire de changement social et politique et la revue Afrikadaa, propose un colloque autour de ces questions le 1er et le 2 juin 2015, à l’Université Paris Diderot. 

Y a-t-il un régime postcolonial des arts ? 

UNIVERSITÉ PARIS DIDEROT

1er juin : Amphithéatre Buffon
15 rue Hélène Brion 75013 Paris

2 juin : Amphithéatre Turing 
Croisement rues Alice Domont et Léonie Duquet et avenue de France 75013 Paris

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PROJECT : AFRIKADAA @ LABORATOIRES D’AUBERVILLIERS, 8 FÉVRIER 2015

Dans le cadre du  symposium-performance : «Au delà de l’Effet-Magiciens », organisé par le collectif Le peuple qui manque, AFRIKADAA a effectué une performance le dimanche 8 février 2015 aux Laboratoires d’Aubervilliers.

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PROJECT : AFRIKADAA – IMAGE EN MOUVEMENT @ DAKAR, 18 DÉCEMBRE 2014

Le 18 décembre 2014, Afrikadaa s’invite à La galerie Le Manège, Dakar. À cette occasion, « L’image en mouvement – Re-inventing narratives » , le huitième opus de la revue Afrikadaa est présenté au public dakarois au cours de cet «acte éditorial live». Le temps de cette soirée,  le jardin de la galerie se transforme en cinéma éphémère, invitant le public à une exploration de l’image en mouvement.

« Who is this emergent, new subject of the cinema? From where does it speak? » Stuart Hall

PROGRAMMATION:

De 19h30 à 20h15 

Introduction

 Réinventer la narration
« Equilibrium », de Sean Hart, 2013 (3’51)
« Praises », de Sean Hart, 2013 (12’43)
« My father and I dance in outer space », de Wura-Natasha Ogunji, 2011 (1’24)
« Helen », de Laura Nsengiyumva, 2012 (15’00)
« [dis]connect », de Emeka Ogboh, 2012 (3’00)

De 20h15 à 21h10

Revisiter les archives
« Une Feuille dans le vent », de Jean-Marie Teno, 2013 (55’00)

De 21h10 à 21h30

Hommage à Sembène
« Borom Sarret », de Ousmane Sembène, 1963 (18’28)

Jeudi 18 décembre 2014, 19h30. Gratuit.
Galerie Le Manège 
Rue Parchappe, Dakar, Sénégal

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PROJECT : AFRIKADAA IS THE BODY – A LIVE EDITORIAL @ DRAF, 5 JUILLET 2014

Afrikadaa a l’honneur d’être invité par la Fondation David Roberts de Londres, le 5 juillet 2014 pour un après-midi de performances et de discussion à l’occasion du lancement de Corps Medium, le 7ème opus de la revue. Au cours de cette «acte éditorial live», Afrikadaa se transforme en un corps vibrant, mobile et vivant, invitant le public à naviguer ses multiples organes de performance. 

« Ma dernière prière : Ô mon corps, fais de moi toujours un homme qui interroge ! » Franz Fanon, Peau noire, masques blancs (1952) 

Avec Larry Achiampong, Louisa Babari, Jay One, Francine Mabondo et Pascale Obolo, Holly Bass, Celio Paillard + guests.

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PROJECT : AFRIKADAA – CARTE BLANCHE @ PALAIS DE TOKYO, 5 JUIN 2014

Le 5 juin 2014, Afrikadaa propose un acte éditorial live au Palais de Tokyo, sur invitation de Seloua Luste Boulbina, autour de la « Flamme éternelle » de Thomas Hirschhorn.

Au cours de la soirée, Alexandre Gouzou a installé un studio mobile pour photographier les personnes déambulant dans les immenses sous-sol.
Suivez le lien pour voir le résultat : http://www.alexandregouzou.fr/regardant-la-flamme-éternelle-thomas-hirschhorn-au-palais-de-tokyo/

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PROJECT : AFRIKADAA @ BISCUITERIE DE LA MÉDINA, DAKAR BIENNALE 2014

En mai 2014, la revue Afrikadaa présente à la Biscuiterie de la Médina (Dakar), son projet curatorial Street Publication, dans cadre du OFF de la Biennale de Dakar, Dak’art 2014.

Ce projet représente l’extension des contenus de la revue sous forme d’un acte éditorial live, concept proposé par la revue Afrikadaa pour dialoguer dans un espace d’art avec le public.

En collaboration avec les artistes (Sean Hart, Jay One, Joël Andrianomearisoa, Ousmane Mbaye, Alexis Peskine, Louisa Babari, …), Afrikadaa propose aux professionnels de l’art et au public sénégalais d’être partie prenante de leur publication. Des segments d’articles, des textes, des photos, sont ainsi exposés à travers la capitale sénégalaise et à la Biscuiterie de la Médina, sous différentes formes (fresque, affiches, posters, écrans, stickers, …), le temps de la Biennale.

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