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Le racisme en école d’art chez Histoires crépues

Lun. 6 mars 2023

Pour la sortie de notre nouveau numéro « Racisme, silence, mobilisation… Où en sont les écoles d’art ? » : les membres d’AFRIKADAA ont été invité par l’artiste et militant Hors-sol : Seumboy Vrainom :€ pour un Live Twitch sur sa chaîne Histoire crépues.

iels se sont retrouvés à parler « du racisme dans les écoles d’art française avec… la parole d’étudiant.e.s et de professionnels de l’art [collectée] pendant 1 an et demi. »

Merci à Seum pour cette invitation et A luta continua

Hors-série AFRIKADAA • Discriminations en Écoles Art

par AFRIKADAA, le 4 février 2023 à 18:44

Couverture par Jay One

Edito [FR]

L’espace éditorial qu’est celui d’AFRIKADAA a toujours été pensé comme un espace refuge et de liberté. De montrer, transmette, parler, proposer librement. Nous le pensions réellement jusqu’au moment de créer ce numéro. De nous confronter à l’institution qu’est celle de l’école d’art en France. Un système comme bon nombre de témoignages le notent, idyllique à l’extérieur et pathétique de l’intérieur. 

Le titre de ce numéro hors-série est Racisme, silence, mobilisation… Où en sont les écoles d’art ? Nous n’aurions jamais envisagé que le silence exigé par les écoles d’art s’imposerait aux contributeurices-x. Malgré l’importance du travail entrepris par le collectif AFRIKADAA de créer cet espace refuge dans lequel a été mis en place suivi, soutien pour les passages de diplômes, aide théorique et bibliographique, etc. mais aussi par le fait d’être une plateforme en plus à aborder les problématiques liées aux espaces pédagogiques des écoles d’art ; nous nous sommes vues-x face à l’auto-censure. Celle-ci provoquant mutisme, retrait, anonymat ou détours langagiers. Malgré tout, nous avons essayé de travailler avec cette réalité et de proposer ici une introduction à un travail en devenir. Pour être tout à fait sincère avec vous, ce constat prégnant impacta toute l’équipe. Lors de réunions de relectures collaboratives, combien d’entre-nous durent prendre une pause face à la succession de témoignages relatant des faits impactant le plus profond de nos êtres ou alors de nous voir nous dire à quoi bon faire ce numéro si nous ne pouvons en sortir quelconques utilités pour les étudiantes-x ou pour quelconques changements profonds des lieux pédagogiques en art. La sortie et la faisabilité de ce numéro furent à maintes fois remises en question ; de même que la portée de celui-ci. Après ces quelques allers-retours réflexifs entre nous, nous avons décidé de nous servir de tout cela comme de base à notre recherche pour ce numéro. Et de prendre cette étendue éditoriale comme une possible et idéale école qui s’appréhenderait en quatre espaces. Le premier concernant le corps professoral et la production de nouvelles pédagogies ; un second, plutôt à rôle de soin et de bienveillance pour accueillir la parole des étudiantes-x ; un troisième, relatant les actions menées par les directions d’école d’art et sur demande étatique de créer de nouveaux postes professoraux liés aux études décoloniales et/ou postcoloniales, de genre, entre autres mais aussi par une volonté plus inclusives de ces espaces pédagogiques – cependant étant encore loin d’être des propositions suffisantes et impactantes, nous proposons de réécrire une histoire plus inclusives avec des lieux alternatifs tels que le projet de bibliothèque augmentée, projet que nous aimerions, suite à ce numéro mettre en place en collaboration avec les étudiantes-x de plusieurs écoles en France, pour ne pas dire toutes. Et pour finir un dernier espace qualifié de transgressif, dans lequel nous saluons les approches par le hors-sujet et l’autodidactie. 

Ce numéro et donc l’école naissante proposée ici est loin d’être parfaite mais à appréhender comme la première étape d’un travail, comme déclaré plus haut, qui on l’espère sera suivi par des actions concrètes en école d’art. Mais ce que nous sommes sûres-x, c’est que cette proposition éditoriale se retrouvera dans toutes les écoles d’art en France et est une graine, en plus, dont émergera des actions, réflexions et débats pour un avenir meilleur des écoles d’art.

Pour conclure et répondre à ce silence :

Je suis Pascale Obolo ;

Je suis Jay Ramier ;

Je suis Paul-Aimé William ;

Je suis Flavien Louh ;

Je suis Alice Dubon ;

Je suis David Démétrius ;

Je suis AFRIKADAA.

Avec : Adji, Yoann Aka, Geordy Zodidat Alexis, Mélissa Andrianasolo, Charlotte Attal, Myriam Omar Awadi, Collectif Blackflower, Jean-François Boclé, Patricia de Bollivier, Saly.D, David Démétrius, Alice Dubon, Samy D’Alexis, Justin Ebanda Ebanda, Océane Eliard, Étudiantes-x ENSA Paris Malaquais, Étudiantes-x de l’EnsAD, Gabriella Esparon, Joëlle Ferly, Pink Floyd, Vanina Géré, Gérald Gonnot, Yoo Ra Hong, Hor, Hyeonsun An, Stéphanie Jamet, Cassandra Semeu-Kwekam, Eloïse Lem, Les Mots de Trop, Rachel Marsil, Myriam Mihindou, Pascale Obolo, Sophie Orlando, Nana (Anaïs) Pinay, Dominique Pouzol, Samir Ramdani, Andrew Régent, Sacha Rey, Olga Rozenblum, Stéphane Sauzedde, Maïmouna Silla, Fanny Souade Sow, Boulomsouk Svadphaiphane, Étienne Taye, Seumboy Vrainom :€, Youssef El Yedidi

Edito [EN]

The editorial space of AFRIKADAA has always been thought as a shelter and freedom space. To show, to transmit, to speak, and to propose freely. We really thought so until the moment of creating this issue. To confront us with the institution of the art school in France. A system as many testimonies say – idyllic on the outside and pathetic on the inside. 

The title of this special issue is Racism, silence, reshuffle… Where do art school stand? We never imagined that the silence demanded by art school would be imposed on contributors. Despite the importance of the work undertaken by the AFRIKADAA collective to create that shelter space in which was set up, follow up, support for the diplomas, theoretical and bibliographical help, etc. But also, by the fact of being a platform in more to discuss around the problems related to the pedagogical spaces of the art schools. We saw ourselves in front of the self-censorship. That one provoking mutism, withdrawal, anonymity, or linguistic detours. In spite of everything, we tried to work with that reality and to propose here an introduction to a work-in-progress. To be completely honest with you, this prevalent observation impacted the whole team. During collaborative review meetings, how many of us had to make a pause in the face of a succession of testimonies recounting facts that impacted the deepest part of our beings, or to see us say to ourselves, what is the point of doing that issue of we cannot get out of it any usefulness for the students, or for many profound changes in the pedagogical places in art. The release and feasibility of this issue was repeatedly questioned. And to take this editorial scope as a possible and ideal school in four spaces.

The first one concerning the faculty and the production of new pedagogies. The second one, rather with a role of care and benevolence to welcome the word of the students. A third one, relating the actions carried out by art school managements. And on state demand to create new teaching positions linked to decolonial and/or postcolonial studies, gender studies, among others. But also, by a more inclusive will of these pedagogical spaces – however still being far from being sufficient and impactful proposals. We propose to write a more inclusive history with alternative spaces such as the augmented library project – we would like to implement it in collaboration with students from several schools in France. And finally, a last space described as transgressive, in which we welcome off-topic/irrelevant and self-education approaches. This issue and the school thought here is far from being perfect but to be apprehended as the first step of a work, which we hope will be followed by concrete actions in art schools. But we are sure that editorial proposal will be found in all the art schools in France. And is a seed, moreover, from which will emerge actions, reflections, and debates for a better future of art schools.

To conclude and answer that silence:

I am Pascale Obolo.

I am Jay Ramier.

I am Paul-Aimé William.

I am Flavien Louh.

I am Alice Dubon.

I am David Démétrius.

I am AFRIKADAA.

w/ Adji, Yoann Aka, Geordy Zodidat Alexis, Mélissa Andrianasolo, Charlotte Attal, Myriam Omar Awadi, Collectif Blackflower, Jean-François Boclé, Patricia de Bollivier, Saly.D, David Démétrius, Alice Dubon, Samy D’Alexis, Justin Ebanda Ebanda, Océane Eliard, Étudiantes-x ENSA Paris Malaquais, Étudiantes-x de l’EnsAD, Gabriella Esparon, Joëlle Ferly, Pink Floyd, Vanina Géré, Gérald Gonnot, Yoo Ra Hong, Hor, Hyeonsun An, Stéphanie Jamet, Cassandra Semeu-Kwekam, Eloïse Lem, Les Mots de Trop, Rachel Marsil, Myriam Mihindou, Pascale Obolo, Sophie Orlando, Nana (Anaïs) Pinay, Dominique Pouzol, Samir Ramdani, Andrew Régent, Sacha Rey, Olga Rozenblum, Stéphane Sauzedde, Maïmouna Silla, Fanny Souade Sow, Boulomsouk Svadphaiphane, Étienne Taye, Seumboy Vrainom :€, Youssef El Yedidi

Yékri Yékra • la chronique radicale

Comme pour tous projets initiés par le collectif AFRIKADAA, l’espace radiophonique Yékri Yékra se veut tel un hub de recherche où oralité et réception auditive résonnent, questionnent et dialoguent en surpassant les limites diplomatiques. Haut-parlants des sans-voix, crieurs des silences. La voix, respirant et marronnant par ses vibrations, peut éclairer un regard enfermé dans sa pensée et dans sa prison sémantique. La mission est donc de donner la parole aux voix longtemps éclipsées, les faire résonner et trembler. Entre chroniques, pause musicale et performances, Yékri Yékra devient bande passante contée. Le collage sonore d’une radicalité artistique différée où la mémoire collective et l’archivage radical y sont réactivées !

Yékri Yékra • Tèt nèg

Yékri Yékra a oun projé di kolektif AFRIKADAA. Li chonjé atò a oun mayouri di lesprit ki ka pran kò andan oun radyo ki ka bail ounlo palò, kesyon épi dé ou trwa tòtòbyòtò. Ak sa, sa nou vlé sé jambé bordir-yan ka frennen nou driv. Oparlèr pou sé esclav-yan di silans. Antr kronik, lanmizik épi performans, Yékri Yékra ka divini oun kont ké so titim.

Pa şasé pli lwen oun konvwé kadansé ka sonnen konsa !

Yékri Yékra • the radical column

The Yékri Yékra radio space is intended to be a research lab where orality and auditory reception resonate, question and dialogue by surpassing diplomatic limits — as all projects initiated by AFRIKADAA. Speakers of the voiceless, shouters of silences. The voices that breathe can illuminate a look — locked in its thought and in a semantic prison. The mission is therefore to give voice to voices that have long been eclipsed, to make them resonate and quake.

Between chronicles, interludes and performances, Yékri Yékra becomes a [storytelling] tape. The sound collage of a deferred artistic radicality — the collective memory and the radical archiving are reactivated here!

Voici l’histoire des sans-voix contée par les griots du futur :

— Yékri Yékra de Jony Lerond
— Manifeste Révoltes silencieuses par Pascale Obolo et David Démétrius

— À ceux qui nous ont offensé par Alice Dubon
— Afrojazz Protest par Wilfried Nakeu

— Lecture de poèmes issus du recueil Pokoninon d’agneaupimenté par David Démétrius
[mes mythes, Aux Lauriers de Césaire, BotE, 3eme eye]

— Génération 1 et demie par Boulomsouk Svadphaiphane

— Lecture de poèmes issus du recueil de Raymond Charlotte par Paul-Aimé William
[A fleur a gout di san an ba soley a, Bombkapéte, Cayenne, Fanmtyenbe, Konspiration, La déambulation du monde, Liberté pour la Guyane, Mai 81, Pa monté ké ton pat chique, Une goutte de sang au soleil]

— Sé messie kriminèl pa ka joué par Jean-François Boclé
— Chants nocturnes pour les noires Amériques I par Jay [One] Ramier

— Djèli par Sarah Touré
— Chants nocturnes pour les noires Amériques II par Jay [One] Ramier

Des grains de poussières sur la mer ou la curation par parcimonie

Mardi 6 déc. 2022 à 10h52

par David Démétrius

Qu’aurai-je dû attendre d’une nouvelle exposition sur la Caraïbe[s] créolophone à base français, s’intitulant Des grains de poussière sur la mer et se sous-titrant Sculpture contemporaine des Caraïbes françaises et d’Haïti ?

En tant que corps caribéen, je devrais sûrement [je ne sais pas], de façon optimiste, en attendre beaucoup de cette démarche. Plier l’échine et être reconnaissant du travail entrepris, et cela, depuis quatre ans. Mais désolé de commencer ce texte par l’incompréhension et l’exaspération ! Une incompréhension du titre choisi [et gardé, malgré ces fameuses années, de recherche ?, en background et ayant la volonté de faire de cette exposition une itinérance en France Métropolitaine !] qui paraissait beaucoup plus sexy et poétique en anglais Dust Specks on the Sea [et encore si j’enlève de ma tête la référence m’apparaissant immédiatement]. Le texte curatorial ainsi que le discours d’Arden Sherman, curatrice de l’exposition confirma le pire « En 1964, effectuant un voyage d’état en Martinique, Guadeloupe et Guyane française, Charles de Gaulle survole en avion la mer des Caraïbes, et décrit les îles comme autant de « grains de poussière sur la mer » ». Quand nous connaissons la politique coloniale et le positionnement de De Gaulle sur ces territoires, où vouloir en venir en commençant de la sorte une exposition sur les Caraïbes françaises ? Surtout quand l’exposition, et je sous-entends le propos curatorial, ne se positionne aucunement sur la question [mais je reviendrai très vite dessus].

Je reprends le fil de ma pensée – devrais-je entendre par grains de poussières sur la mer la région qu’est celle de la Caraïbe[s] ? de laquelle les artistes-x, ici présentes-x, ainsi que moi- même provenons ? On pourrait me rétorquer l’utilisation de « poussières de terre » selon Édouard Glissant [devant avoir les oreilles sifflant depuis quelques années maintenant et le dos bien large car il, Glissant, est à mon grand bonheur, cité et présent de toutes parts pour le meilleur mais aussi et surtout pour le pire – en vue de justifications à toutes sauces…] mais lisons-le réellement, essayons de comprendre ou alors de déchiffrer sa pensée et faisons-le ensuite apparaitre dans nos citations ! Ce même Glissant reprendra la citation dans son Discours en la déjouant de son contexte initial, « Décrire c’est transformer. […] Entre l’Europe et l’Amérique, je ne vois que des poussières. Attribué à Charles de Gaulle, à l’occasion d’un voyage en Martinique. »* Même si le texte se tente ensuite à être critique cela reste soit détaché et de surface « révélatrice de la perspective surplombante […] une perspective dont les racines plongent dans l’Histoire de la France comme puissance coloniale dans les Antilles » soit farfelu « évoque l’effet mystérieux et presque surnaturel que peut susciter une vue aérienne de l’archipel des Caraïbes ». En ce qui me concerne le titre a été de poussière et doit retourner à la poussière…

Si je dois continuer sur mon incompréhension, attardons-nous cette fois-ci sur la notion de sculptures présente dans le sous-titre et devant être, si ma lecture était bonne de celui-ci, une exposition dont le point de départ et le liant narratif serait ce médium. La question du pourquoi la sculpture ? fut posée à Arden Sherman dont elle répondit être sensible et passionnée depuis de nombreuses années, mais encore ? Elle confirmera, cependant, que la sculpture est peu présente ici mais pouvant être ressentie par le biais d’autres médiums. Encore une fois, si propos curatorial il y avait, je n’aurai pu que lui donner raison et la rejoindre sur ce point mais… celui- ci est à l’état de la sculpture dans cette exposition c’est-à-dire à l’état d’absence ou bien caractérisé par les traces de poussière présentes dans le titre. Où sont donc les Minia Biabiany ?

Sandra Dessalines ? ou encore Carlos Adaoudé et l’école bushinenge ? Une sculpture[S] bien trop [marronne ? caribéenne ? conceptuelle et spirituelle ?] incompréhensible pour celleux ne voulant et surtout ne pouvant réellement la décrypter. Des grains de poussières sur la mer équivaut donc à non pas se retrouver face à un travail de recherche réflexif autour ou à partir de la sculpture caribéenne mais face à un moteur de recherche dans lequel y ont été placé, dans un fourre-tout, les mots clés Caraïbes-françaises-artistes-Haïti tout en lésinant sur la notion de sculpture.

Comme prédit plus haut, l’incompréhension s’accompagne d’une certaine forme d’irritation. Celle-ci me venant de l’irrespect à l’encontre de certaines œuvres et donc des corps-artistes-x auxquelles elles renvoient. Je pense aux œuvres Écume de ma mère et Les Tiags de mon Oncle de Jérémie Paul, œuvres sentimentales pour l’artiste, au regard du discours plastique et esthétique à l’estime des figures que peuvent être celles de la famille. Restons un petit instant sur Les Tiags de mon Oncle, travail ouvert à la considération du détail et à la douceur de béatilles. Comment ne pas se sentir froisser face à la défaveur de l’attitude curatoriale que de placer cette pièce en hauteur [et quand je parle d’hauteur, traduire cela en un point culminant – demandant une gymnastique oculaire pour appréhender au pire un détail, au mieux un dérisoire îlot… de santiags]. Un travail pouvant quasiment passer inaperçu si l’idée ne nous venait point de lever les yeux dans ce sas, saisit dès notre arrivée par ces grands formats, Untitled, de Julie Bessard. C’est toujours dans ce sas – à interpréter d’avoir été un défi et une faille à investir convenablement – que se situe un second travail irrespectueusement exposé, Key Escape de Ronald Cyrille. Cette embarcation, de nouveau placée en hauteur, ayant à son bord toute l’Histoire de son propos, prend ici le large et foukan dans les hauteurs du malheureux oubli. Je pourrai de même relever et proposer une discussion à partir de Les amulettes et les trophées – l’huître de Gaëlle Choisne dont la poésie et la force du message, exprimées par la figure de l’huître, sont emportées par la marée du dispositif scénographique et se voient échouées telles une huître seule sur ce mur blanc.

Malgré tout cela, j’aimerai apporter une note positive à cette exposition car il y en a bien une, qui est celle que les artistes exposées-x possèdent de réels univers esthétiques manifestant la fascinante pluralité du génie caribéen et de ce que veut dire vivre plastiquement la Caraïbe[s] et son/ses corps. En dépit d’une direction précise, forte et d’une proposition discursive riche [curatorialement parlant], les artistes ont réussi à exister dans ce chaos – ne s’apparentant aucunement à celui à l’origine de la création de toute chose en contexte caribéen mais plutôt à ce dont on sait déjà –, et pour celleux présentes à apposer un discours qui était jusqu’ici absent.

Pour répondre à ma question de départ, je n’attendais donc rien d’une exposition sur la Caraïbe[s] portée par des collègues-x non-caribéennes-x. On pourra me faire porter le chapeau du discours communautariste mais s’il faut l’être – communautariste – pour avoir de la qualité quand une exposition porte sur la Caraïbe[s] ; je suis prêt à en payer le prix.

C’est pour cela que je prends la décision, exprimé par ce geste radical et je m’en excuse d’avance auprès des artistes, de ne pas accompagner ce texte de visuels. Un respect que je porte au travail et aux personnalités des artistes – dont le travail n’a aucunement été respecté – et symétriquement exprimer le rejet d’une opération curatoriale défectueuse [pour ne pas dire néfaste pour l’esthétique caribéenne].

Je ne peux que vous dire à très vite… mais en attendant,

« Écoutes dans le Vent
Le Buisson en sanglots,
C’est le Souffle des Ancêtres. »**

Merci à Raphaël Barontini, Julie Bessard, Jean-François Boclé, Alex Burke, Vladimir Cybil Charlier, Gaëlle Choisne, Ronald Cyrille Aka B.Bird, Jean-Ulrick Désert, Kenny Dunkan, Édouard Duval-Carrié, Adler Guerrier, Jean-Marc Hunt, Louisa Marajo, Najja Moon, Ricardo Ozier-Lafontaine, Marielle Plaisir, Michelle Lisa Polissaint, Tabita Rézaire, Yoan Sorin, Jude Papaloko Thegenus pour votre travail !

Des grains de poussière sur la mer. Sculpture contemporaine des Caraïbes françaises et d’Haïti,

Ferme du Buisson, Noisiel du 15 oct. 2022 au 29 janv 2023

* Je me dois de te remercier, Yana Langston, pour le rappel de cette citation de Glissant. Je suis conscient que ce texte contient des lacunes [cf. un échange récent que l’on a eu ensemble] mais c’est aussi un moyen d’accueillir des critiques [sûrement les tiennes ?] à cette propre critique d’exposition. Bien à toi !

**Birago Diop, Souffles

NAKOMITUNAKA

Le 4 déc. 2022 — à 20h07

Par PAW et David Démétrius

UNE CRITIQUE DE L’EXPOSITION « SHÉHÉRAZADE, LA NUIT » AU PALAIS DE TOKYO FAIT EN MOINS D’1 SEMAINE PAR DEUX MEMBRES D’AFRIKADAA, LE MAXIMUM QUE L’ON PUISSE PROPOSER QUAND A ON RIEN À FAIRE. VRAIMENT. ILS PARLENT DE SALOPERIES, DE JOIES, DE TRAHISONS, D’ECHOES CARAÏBES LORSQUE L’ON TOURNE LE DOS À L’EN-NUIT. ET ILS SE MARRENT BIEN.

P.S : le serein OU soukou est cette passerelle en fin de journée, précédant l’en-nuit où les monstres sortent faire malédiction • dans la mythologie kamite-antillo-guyanaise ! 

Retrouver la critique en version traitement de texte sur ce lien.

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669 + 973 = 1642, yovodah (Biennale de Lyon)

par PAW (4 novembre 2022 à 11:46)

veille militant_es. Un glock coûte 700 € sans les balles. veille millitant_es. Suit le vent, n’ait point peur, prend des risques flirt avec le meurtre, bombarde par coeur : « avant la noce, on aiguise les couteaux ». veille milliant_es. Vise tjrs la tête pour y loger un chaman. veille milliant_es. fait tomber la neige même en plein’ canicule volcan O mon bon souhait 

crédit : paw

aïe. ne nous leurrons point, le leitmotiv de cette manifestation est une litote. 

pour peu que ce thème soit déter, nous devons tout de même déshampé 

la mezza voce de cette soupe opéra *Manifesto o’ fragility* managée par deux MCs (masters of curating) reflétant l’image générale du colorwashing (green, white, pink, token noirx) dans le ghetto de l’art contemporain

c’est dedans cette ville qu’en 2019, Anas, un étudiant syndicaliste, s’est immolé par le feu devant le Crous pour trahir la mutité des précarités étudiantes —

des sans bourse, des sans logement, des sans aide, des sans soin, des sans famille, des ventres creux à midi

cette fragilité tue (point)

Anas a survécu ; sa lettre de suicide appelait dans un ton de manifeste de bon’ oreilles

« Luttons contre la montée du fascisme, qui ne fait que nous diviser et créer et du libéralisme qui crée des inégalités. J’accuse Macron, Hollande, Sarkozy et l’UE de m’avoir tué, en créant des incertitudes sur l’avenir de tous-tes. j’accuse aussi le Pen et les éditorialistes d’avoir crée des peurs plus que secondaires. Mon dernier souhait, c’est aussi que mes camarades continuent de lutter, pour en finir définitivement avec tout ça. »

c’est aussi, dans cette ville, qu’a été créer, en 2012, l’association néo-nazi, Génération identitaire, petite fille de KlausBarbie & du Cardinal Barbarin et qui fut dissoute en 2021. 

fuck le nazisme larvé, le fascisme actuel, le racisme d’état, l’islamophobie des médias, le capitalisme patriarcal systémique en France et dans cette ville. ces saletés marchent sur le dos fragile de ceux « qui meurent dans le silence le plus complet. »

en vrai, cette biennale de Lyon est samo 

même Mbappé est plus politisé — il me semble avoir connu évènement plus hypocrite cependant je tourne de l’oeil lors même que je lis que 

le CIC est partenaire officiel de la biennale 

en sachant à quel degré cette banque française 

a dépossédé Haïti de ses richesses ! 

et qu’en n’est-il du Crédit Lyonnais qui saugrenuement n’est de la fête 

mais qui par ailleurs est impliqué dans le sous-développement de l’Afrique comme l’a constaté l’historien africaine Walter Rodney  

ce manifeste d’la fragilité vise-t-il vraiment des réparations et des formes de résistances. pouvons-nous s’il en est encore temps « aller au-delà de l’accent mis sur la résistance et suggérer que des concepts comme l’abandon, le rêve et l’attente peuvent nous rappeler la richesse de l’humanité, de l’humanité noire. »

crédit : paw

les deux MCs ont manqué de prendre sereinement una voce antifascista per la rivoluzione contro la guerrilla di posizione en occupant plusieurs lieux culturels de la ville. 

comprenons-nous bien, ils convergent vers ce que le théoricien italien, AntonioGramsci, appelait une « rivoluzione passiva » orchestrée aujourd’hui, en France, par le macronisme d’intérêt colonial et ayant pour essieu mondial : la suprématie blanche.

le thème de fond de cette curation pour institutions néolibérales est une rengaine de vendeur de voiture face à la mise à mort par l’histoire (nous y reviendrons) 

et la servitude et les violences policières et la souffrance au travail et la (néo)libéralisation des hôpitaux, du service public, des universités et

la phynanciarisation programmée de nos retraites, 

et la prohibition de la prostitution et la fuite en avant dans l’écocide en cours

c’est cette fragilité sans verbe que réussit à conserver et à reproduire les chef_fes d’entreprise, banquiers et autres dogues de la profitasyon.

que mon cousin soit de partance pour Lyon 

a été une drôle de nouvelle 

je lui ai demandé d’aller visiter les expositions à ma place comme 

scrutateur à la manière de Sylvie pour Sanglis dans Terre magnétique 

moyennant une bouteille de Hennessy pour le prochain after à Cayenne 

et le billet d’entrée et des per diem 

pour la journée, j’aurais photos vidéos textes cartels oeuvres et de petits commentaires sur cette biennale d’art 

contemporain 

je n’ai pas eu de résistance pour le convaincre à vrai dire

il n’avait pas grand chose à faire là, 

à part accoucher —

soit arriver enceinte de Cayenne Felix Éboué à Paris Orly sans blême 

avant de rejoindre Lyonzon en TGV pour chier dans les toilettes d’un telo ibis 

les cocons de soie dans son ventre

il m’a rien dit rien or on savait tous*tes — qu’i était un passager de Air Cocaïne 

je ne vais pas le snitch ; c’est pour cela que son nom sera 

anonymisé dans le texte et

puis on sait tous*tes que s’il devait être arrêter, le serait jà ; c’est juste que les flics ils ne veulent pas et que ça arrange l’Etat colonial français de créer et maintenir cette misère blanche 

en Colonie=Guyane

les mules sont relaxé.es pour moins de 1,5 kilos de soie 

dans leurs boyaux ou valises — 

et ce, si et seulement si, on les shop.

La prison le ferait bien du mal or « la prison (peut devenir) lieu de d’apprentie du militantisme politique. Walter Rodney constata que plusieurs dirigeant nationaliste africains avaient obtenu leur diplôme dans les prisons coloniales, et que les prisons sud-africaines et états-uniennes détenaient quelques-uns des Noirs les plus brillants.»

je n’attendais rien de spécial des données que m’a envoyé Émile

il y avait jà plein de trucs sur instagram etc. 

et leur site internet 

me suis dit il n’y pas de concert de Big la F 

pour la biennale donc c’est samo

la fragilité crée compose de nouvelles solidarités ar-tis-tis-tiques, de nouvelles forces, de nouvelles menaces décoloniales — donc pourquoi pas avec 

la musique noire

la F est un’ Trapstar de la drill FR. il vient de Villeurbanne. les deux MCs (je m’en cure de leurs blazes) pouvaient bien l’inviter pour parler de la fragilité lors d’une conférence 

comme à l’époque KRS One à Paris 8

naaaah pas possible, tu rêves 

or je blague pas sa mère

une conférence pour parler de sa vie d’artiste, de son QLF (en style BMF ou OTF pas comme les autres orpailleurs de noirceur), de ses lyriques ainsi que ses connexions dans l’industrie et sur Ur-anus

de ses pensées pour « rétablir l’honneur d’mes frères / En manque d’inspi’, en manque de sous, en manque d’amis, en manque d’amour » comme il pera 

« l’objectif : nourrir la famille » et ensuite remercier son « public pour l’amour, j’jure chaque lettre, chaque mot me touche »

Mais non

Fleurs létales 

crédit : Emile et paw

or y a quelque chose qui trappe dans ce manifeste — 

les images florales

ils ont fait tout un’ com’ ingénieuse sur l’identité visuelle de la biennale—un espèce d’espéranto avecque le style d’Annie Ernaux

lyonzon a une large patrimoine d’horticulture et d’industrie patriarcale coloniale

mea culpa ~ tu vois l’entubage

cette culture est surtout neutralisée et reconduit l’idéologie nationalitaire et racialiste des historiens de l’art français de la Renaissante par le trope de la floraison — 

Comme les suprémaciste blanc de l’Ordre de la fleur qui considèrent la musique noire comme une menace civilisationnelle dans le roman Mumbo Jumbo de Ishmael Reed

ains’ pour les promeneuses_res du Parc de la tête d’Or 

𓇗 Belle de Clermont 𓇖 Duchesse D’auerstaedt 𓇚 Broceliande 𓇕 Petit Trianon 𓇓 Etoile de Hollande 𓇘

je mande à toutes vies où sont enracinées les têtes de nègre dans tout çà-là 𓇘

y a même des T-shirt de la biennale avec un motif de fleur

pour être gucci and gold

en collaboration avec Galerie LaFayette

mais c’est uggly and cheap

ces images florales sont prolétarisantes ~ on ne sait rien des fleurs prises en photo si on peut les infuser, les transformer en onguent, en cataplasme ou en parfum rien

en vrai il aurait pu mettre une feuille de ganjah 

la rose porcelaine d’Asie aurait pu tenir l’affiche aussi

mais s’il fallait falar é-co-no-mi-que-ment et so-cia-le-ment de fleurs ce serait avec celle que chante bien mieux que oim, Big la F :

« J’voulais être riche d’la fleur de coca, j’voulais être riche d’la fleur de kush »

tout est tressé, comb’ de jeunes comme mon couz ki font la mule à cause d’la fleur de coca

comb’ de renoi ki se fument la tête,

sans sacré ni désir de création, avec cette fleur de Kush

qui les empoisonnent en inoculant l’hostilité, la débilité et la violence dans leur cervelle et dans la ure 

WesleyMohammad, docteur en sociologie et membre de la Nation d’Islam

édit que le marijuana est un’ arme contre les humanité-mâle-noirs et que cette drogue est promue par le hip-hop. Weed is the bullet and hip-hop, the gun.

je m’arrête là dans sa réflexion car elle déparle ensuite en discours anti race d’ep.

pour les artistes noirx par exemple créer des fleurs n’est pas anodin 

comme l’explique brillamment le *critique d’art*, 

Hennessy Yougman aka Hen-rock Obama aka Hen-rock Allah aka Pharaon Hennessy aka Mitt Romney’s drug dealer aka Mr. Museum aka Mr. Aka 

pour

son projet de performance Art thoughtz 

«JUST LIKE TUPAC, THIS EPISODE OF ART THOUGHTZ IS STRICTLY 4 MY NIGGAZ.»

crédit : paw

Hennessy Yougman avise le web 2.0 des manières les plus ingénieuses pour « être un artiste à succès. Tout en avançant l’argument qu’il faut être blanc pour vraiment réussir, il ajoute en aparté, que ça pourrait ne pas s’appliquer aux Noirs car si « un nègre peint une fleur, ça devient une fleur de l’esclavage, une fleur de l’Amistad » (Claudia Rankine in Citizen – Ballade américaine)

approximativ. : « If you’re a white man you want paint a flower People see the painting of flowers they like Wow it’s a pretty ass of a flower it’s a motherfuck flower Nigger paint flowers it become slavery flower u know flower of Amistad something you know Bitch paint some flower it become a metaphor of a vagina it’s terrible u know be a white man grace you of universality, actually it’s natural way of naturally you making shit u know »

« WHITE MALE FLOWER

A pretty ass painting of flower.

Value derived from its formal attribute

NIGGER FLOWER

Signified for institutionalized racism and oppression 

Instantaneously a critique of power. »

ce que cache une simple fleur de coca sous couleur d’universalité c’est tout son ingénierie d’écologie coloniale et anti-noir. 

sa monoculture en Colombie et surtout la traite humaine qui frappe les corps noires pour la plupart des femmes (mais il y a quelques hommes ; les conceptions de la masculinité afrohype sont secouées un peu là) 

Avaler des boulettes de soie et les garder durant 10-12 heures.  

la coke a plusieurs surnom populaire par ex. « la coco » mais son nom le plus foudroyant et le moins connu est « la dame blanche »

durant l’esclavage, les femmes noires servaient de nourrice pour les enfants blancs de leur maîtres et maîtresses

elles étaient même forcé de leur donner le sein, ce qui était vécu comme le vol du lait dédié à leur propre progéniture

Toni Morrison l’évoque de manière terrifiante dans son roman Beloved « ils m’ont pris mon lait » — ce fluide étant l’une des dernière productions bénignes du corps noires hormis lacrymale, séminale, ovulaire, fécale, urinale. 

maintenant, l’asservissement au yovogah (le bomdage et la traite des humanités noires par la cruauté (dah) des blancs (yovo en langue)) se poursuit, 

aux Antilles-Guyane, en transportant des « dames blanches » dans le ventre d’un bateau ou dans son ventre de chair noir comme des nourrices-esclavisées au risque que ces dizaines de cocons explosent à l’intérieur de l’estomac entraînant un’ mort certaine. 

cela atteint aussi les humanités noires en métropoles qui revendent la marchandise quitte à se faire soulever ou tuer par des porcs pour le plaisir d’une clientèle blanche bourgadière (les col blancs=néo-colons à distance) prêt à snifer une-deux-trois traces pour une centaine d’€.

CONCENTRONS NOUS !

Emile n’a pu visiter que trois-quatre des lieux d’expo de la Biennale :  

crédit : Emile et paw

ANCIENNES USINES FAGOR MacLYON MUSÉE GUIMET JARDIN DU MUSÉE DES BEAUX-ARTS LUGDUNUM – MUSÉE & THÉÂTRES ROMAINS LPA RÉPUBLIQUE MUSÉE D’HISTOIRE DE LYON – GADAGNE MUSÉE DE FOURVIÈRE URDLA – VILLEURBANNE et PARC DE LA TÊTE D’OR, CHÂLET DU PARC 

c’est jà bien ! vu le nombre de image que j’ai reçu en temps réel.

la premier expo Les nombreuses vies et morts de Louise Brunet

est ingénieuse, les textes qui accompagne cette « installation artistique » 

sont bien écrits on dirait le style des étudiants en cours de creative writing

ce qui trappe avec cette expo-installation c’est le fond et la force

je reviendrais sur les choix des oeuvres et leurs cas d’école 

crédit : Emile et paw

l’expo tentent de diagrammer l’histoire de Louis Brunet « une fileuse de soie qui vécut à Lyon, et qui, semble avoir rejoint la révolution des « Canuts » (tisseurs de soie) en 1834 ». 

ce faisant, Louise se téléphone « sous différentes formes binaire, à la fois réelle et fictive, en explorant diverses manifestation de la fragilité dont les luttes furent oubliées ou passés sous silence en divers lieux et à plusieurs moments de l’Histoire avec une grande H-ache. »

rien à redire à cela 

alas on pourrait même adapter le scripte pour un’ série Netflix — au pire çà fait penser au film tout naze : Everything Everywhere All at Once – Dans une autre vie — acclamé par la critique

ce genre de scénarii sont utilisés selon la sociologue, SamBourcier, dans l’une des idéologies dominante qu’elle appelle « le management de la diversité »

une politique de contrôle de la visibilité des minorités raciales, sexuelles et de genres portées par la gauche républicaine et menées par des entreprise culturelles comme Netflix 

Cela prend forme par ex. dans les séries pour ado afin de tirer le max de valeurs monétaires coloniales patriarcales nationale suprémaciste blanche

en surplus l’idée d’histoire ici est has been — elle resuçe le postmodernisme FR — et ne pratique que de façon managériale le postcolonial sous lean

très loin du décolonial militant noire et 

à des années-lumières de l’afropessisme

La conception de le histoire et des histoires proposé par les deux MCs sont de l’ordre d’une préhistoire carno-antropo-logo-centrique qui n’a pas même franchit la ligne de couleur du siècle vignt pourceque Brigitte (Macron) femme de flic du tout premier ministère est la première consultation doc !  

« IL A ÉTÉ PENDU CE MATIN 

À L’AUBE UN NÈGRE COUPABLE 

D’AVOIR VOULU FRANCHIR LA 

LIGNE »

— L.G Damas

Le personnage principale que j’appelle LOUISE 14Pro n’a pas de 

futurs — pour faire simple

sa borne historique est limité de [1834, à notre instant t ]

LOUISE 14Pro n’a pas d’intervalles ouvert comme par exemple ]1, +∞ [ 

selon le matheux GottlobFrege   (voir. la physique quantique)

« zéro » et « un » tels des noms propres de nombres, peuvent avoir des définitions imprédictibles

la mort, le un ; la vie, le zéro

— je ne parle même pas de la géographie, y pas de rêves ni d’étoiles

dorées 

l’image culturelle de Lion qui me frappe le plus souvent c’est le tableau de Marie de Médicis et Henri IV à Lyon — La Marie de Médicis 1622-1624 de

Pierre Paul Rubens

LOUISE 14Pro est ce modèle d’intégration iconologique survolant les terres du 669

comme la roturière italienne avant que son gosse Louis XIII légalise la pratique de la traite négrière en 1642 cf. mes ancêtres esclavisé*es !

crédit : Louvre

بيروت

Emile m’a rapporté un comment’ d’un guichetier sur l’expo suivante dans le bâtiment du macLyon : « Beyrouth et les Golden Sixties n’est pas très interessante. Ça parle du Liban » = pas assez exotique 

j’ai tout de même été surpris par l’absence de personnels de sécu noirs ou de médiatrice*eurs racisé*es dans les vidéos que j’ai reçues — est-ce une politique de sous-traitance seulement parisienne—voire d’IDF ? 

crédit : Emile et paw

le travail d’archive-va-ti’can peut également nous trompé dans le deuxième volet de *Manifesto o’ fragility* (Mofo = NTM (Marianne noire et blance))

les archives des affiches ou catalogues d’exposition au Liban et dans sa diaspora sont une forme de contrôle préfectoral du pouvoir/savoir comme l’a pensé DeuleuzesansGuattari à partir de l’oeuvre de Muzil dans ces cours à pAris 8 — le prof de philo conseillait « un trait diagrammatique ou un trait de diagramme » 

ouverts au sous-monde 

au lieu de « Donc, vous voyez, si je dis : imposer une tâche à une multiplicité peu nombreuse dans un espace fermé, ou si je dis : contrôler les événements principaux d’une multiplicité nombreuse dans un espace ouvert, si je dis ça, je donne des catégories de pouvoir. En revanche, je dis : punir, éduquer, faire travailler, enseigner etc. etc., je dis tout ça, je dis : ce ne sont pas des catégories de pouvoir, ce sont des catégories de pouvoir/savoir. »

mon couz ne m’a pas send beaucoup de photos d’œuvres de cette exposition

je peux le comprendre 

ces objets d’art sont exposés comme des archives ou source dont les « fonctions [ont été] formalisées et des matières [sont] formées. Matières formées, c’est : écolier, ouvrier, prisonnier. » pour le contexte et l’objectivation d’une histoire culturelle pan-arabique tremblante et 

celle micropolitique de Beyrouth بيروت, de [1950, cos( 𝓍 + contemporain postcolonial)]

faisant de cette ville, 

« en soi, un manifeste de la fragilité »

or c’est dommage qu’il n’y ait pas d’écologie dans l’expo pour les luttes tiers-mondistes —

le Liban a participé en 55 à la conférence de Bandung en Indonésie. 

ma playlist : LP2 LA HONDA 19 FREEZE CORLEONE MAARLO SB LA F. JSX GAZO GREEN MONTANA SO LA LUNE KEN VYBZ CAMEO KILLI JOZZI KIMA KERCHAK ICE SPICE SAAMOU SKUU MALTY 667 x 669 2BZ ZOLA LALA &CE MENACE SANTANA LA FÈVE 137 SKWAA SKENG FELA 42DUGG KNUCKS COCHISE BIA $NOT YANN CLÉRY Ministère A.M.E.R  BU$HI KING VON 1MPLIK140 PLAYBOI CARTI NINA SIMONE MILES DAVIS JOEY DABA$$ AYA NAKAMURA 21 SAVAGE A$AP MOB ! 

il est midi et des poussières. Emile a traversé les expos du MacLyon en 

quelque heure

il poursuit le Mofo vers sa dernière séquences Un monde d’une promesse infinie

la plus conséquente elle regroupe une centaines d’artistes de plusieurs péyi se

déployant sur onze plateaux incarnant dixit « les cycles de notre fragilité universelle » lol www.be-a-white-man.com grace you of universality, actually it’s natural way of naturally you making shit u know

çà va aller plus vite car le propos est identique 

et puis, il n’est allé qu’au 

MUSÉE GUIMET (le bâtard a prix un Uber) ANCIENNES USINES FAGOR

hé je craint qu’un texte de critique d’art ne consent point pour fin l’expliquation in fine des tenant et aboutissants d’un événement art-tische-tique 

et de ses secrets 

alors,

j’écrivoque, je sors de l’oeil d’Èsù 

— et ce qui me rend fort marri — c’est le volume « d’oeuvre art contemporain et historique, de nouvelle commandes in situ et de nombreux objets » qui épousent là l’hégémonie idéologique 

de la suprématie blanche (homicide racisme)

L’atmosphère de ruines (usine désaffectée, musée abondonnée, jardin à l’anglaise) 

qui nimbe ce thème de fragilité peut s’envisager intellectuellement

cependant il se dégage  

par la présence d’oeuvre ancien’ non contextualisée une hiérarchie  

la fragilité blanche (white fragility tiré du livre éponyme) étant le canon souverain

selon oim de cette atmosphère raciale dans le Mofo au même vue que la théorie faciale de Petrus Camper

étayé par les travaux de l’historien de l’art 

Winckelmann (1717-1768) qui érigea un idéal grecque de

beauté masculine 

permettant à Camper de griffonner un système de mesures de l’angle crânien à partir de singes (58° pour l’orang-outang) puis des nègres (70°) jusqu’au profil d’un « moulages de statues romaines (95°) et grecques (100°) », le mâle européen ayant (80°) sur cette échelle de l’évolué. 

Pour le scientifiques patriarche, les ouvertures faciaux « de moins de 70° correspondaient aux museaux des mammifères. Les individus étaient soumis à des angles faciaux variés. La ligne faciale du bébé dont les dents n’étaient pas encore sorties accusait un angle de 95° ; chez l’enfant d’un an, il s’élevait à 100° »

crédit : L’Invention de la race. Des représentations scientifiques aux exhibitions populaires.

Les effets de cette lois de l’histoire naturelle masculiniste influencé par Buffon ne se trouve pas en quarantaine, comme on pourrait s’y attendre, au musée Emile Guimet, ancien Museum d’histoire naturelle de Lyon (1914-1968), 

mais sa diffusion raciale anti-noire s’oxygène de manière mondiale, 

les espaces de la biennale de Lyon ne pouvant être immunisé par un quelconque vaccin, contribue plutôt à la propagation de ce trauma somatique et phylogénique

« cette position mesure/outrance qui sert aussi dans le champ de l’art ancien avec le binôme classique/baroque et la soi-disant réticence française au baroque sera vouée à de beaux jours dans nombre de manuel d’histoire de l’art. La mesure caractérisant l’art français à travers le temps, permet de le différencier et d’en assurer la supériorité. »

Il serait nécessaire d’analyser la notion de mesure à partir des théories compassées du baroque chez Glissant et de Deleuze telles deux faces d’une même pièce qui ne se détache point de l’idéologie racialiste de l’histoire de l’art 

crédit : Emile et paw

La présence de reproductions décrépies de momies et de medu-netjer en toile peinte pour diversifier les formes de fragilité des civilisations passées ne fait que de racialiser davantage la situation de l’événement puisqu’il n’est jamais fait mention des origines nègre de l’Egypte étudié par le Cheik Anta Diop et

du vol de l’histoire par l’occident 

des racines kémites-asiatiques des cultures philohéllènes

par ailleurs, ses reproductions perpétuent l’illettrisme 

et l’orientalisme au tour de cette écriture sacrée ayant pris naissance au bord 

du Nil Noir

J’ai été troublé par la volition et la frivolité par lesquels les deux MCs ont investi le mobilier en bois du muséum censé présenter et classer des spécimens dans plusieurs armoires vitrée ceint au mur —

cela m’avait paru neuf tout d’abord de placer les oeuvres de Zhang Yunyao

sur la pratique du BDSM à l’intérieur

crédit : de l’artiste

Faisant le tour grâce à la video envoyé par Emile

mon attention est captivé par un’ armoire vide et pas éclairé 

on peut y lire sur un cartel de l’autre coté de la vitre

Les primates singes antropoïdes

et puis 

tout mon enthousiasme s’efface —

l’investissement de ce bâtiment ne me semble plus qu’une

boulimie curatoriale mal digéré

j’ai arrêté depuis de me convaincre qu’ils ont laissé cet objet culturel 

en l’état pour signifier que sapiens sapiens sera bientôt exposé comme tel 

dans un’ grand armoire où il serait inscrit : primates sapiens negrocène 

le peu de culture (prendre soin) autour de cet objet clef parmi tant et tant

à radicaliser mon acuité 

à observer cette événement comme l’empreinte archéologique —

de la fragilité anti-noire 

Pour RobinDiangelo l’autrice de White fragility, la fragilité « constitue quant à elle un mécanisme de défense permettant de refuser d’endosser le costume du dominant et ainsi de profiter, sur le plan rhétorique, d’une position imaginaire de victime. La fragilité blanche qu’expose DiAngelo peut être plus ou moins inconsciente ou tactique selon les cas. »

ici y a de l’évitement martiale sinon pour quoi laisser le signifyin’ monkey 

rater ad vitam æternam « l’œil dérobé » que nomme ainsi Sanglis : 

« l’œil dérobé vient à méfait / le laps des ans nous a paru d’éternité / il n’est que de nos mots l’amas dénudé, fol »

en surplus de la damnation de la couleur de leur peau, les connotations biologique de singerie s’est imposée au corpse/core/corps/qore noirs 

encastrés dans un’ grande armoire portative de mise à mort 

iels luttent tant bien que mal à renverser noirement, cette injure

signifyin’ monkey peut se traduire par si(n)g(n)er le singe (l’emmêlement de signe « sign » et singe « monkey ») cette pratique séculaire tente par plusieurs techniques d’avoir le dessus sur un stigmate ou un adversaire

ainsi le hic est présent 

dès la sélection des oeuvres et leurs scénographies 

qui s’évertuent à exposerune fragilité blanche 

dominante et destructrice

allons même jusqu’à rêver de manière eschatologique ou ambiguë 

leur privilège pervers  

crédit : Emile et paw

ils sont tombé dans un lieu commun nocif où les sculptures ancien’ nimbé de connotations racistes et idéologiques les dépassent ! Il aurait pu travailler la fragilité avec les collections du musée des africain de Lyon — ou bien avec le voyage de Martin Luther King dans la ville 

en conséquence, sont confiné à un’ vision édulcorée, 

les oeuvres d’ontologie non-blanc 

soit ceux des artiste noir-es exposé-es 

qui se comptent ici sur le doigt d’une main

noirx selon la variation actuelle de 

la ligne de couleur que semble ne pas voir les 2 Mcs

ielles sont damné-es à faire du théâtre grec ou à vouloir jouer le personnage noir d’un’ pièce racialiste de William Shakespeare

« Et puis tu vois, y a rien qui m’attend ici que la misère pour du profit… Y a un vivier d’talent dans ma ville, mais on est voué à destin tragique

C’est la jungle, c’est le zoo ici que des fous, ça ressemble à l’asile…

J’ai pris un CDI au studio, j’me vois pas finir à l’usine… 

Tout pour le gang, tout pour l’putain bastion » 

iels pourront jamais jamais comprendre gars — 

cimer Big la F pour ta vibe. mon « objectif n’est pas de valoriser « la mentalité de la rue » » mais de mener un pouvoir radical noir pour scéller la blancheur et ses séquelles car sa destruction est un leurre 

tout en sachant que cette esprit de la rue « est à l’origine d’une destruction généralisé » de la communauté noire comme l’édit le psychologue Bobby E. Wright parallèlement à la mentalité d’élite « de nos frères et soeurs diplômés de grandes avec des honneurs, qui font parties des Noirs les plus dangereux au monde et agissant contres les intérêt des Noirs, parce qu’il ont une orientation eurocentrique » — Aho

PAW is PAWER, même dans l’évent, PAW is till <3

ici c’est l’OM fuck Paris et l’OL

Téléphone : 

Amzat Boukari-Yabara — Walter Rodney, Un historien engagé, 1942-1980

La F — Trap star — Outrou

Walter Rodney — How Europe underdeveloped Africa 

Robin Diangelo — Fragilité Blanche 

Henry Louis Gates — The Signifying monkey 

Edouard Glissant — Poèmes complets —Terre magnétique 

Bancel, Nicolas, Thomas David, et Dominic Thomas — L’Invention de la race. Des représentations scientifiques aux exhibitions populaires.

Sam Bourcier — Homo Inc.orporated : Le triangle et la licorne qui pète

L.G Damas — Black Label 

Webdeleuze — Sur Foucault le pouvoir

Toni Morrison, BLVD

Anne Lafont, L’art et la race : l’Africain (tout) contre l’oeil des Lumières

Kevin Quashie — The Sovereignty of Quiet: Beyond Resistance in Black Culture

Klah Popo — Yovodah Et Panafricanisme. Résister Pour Survivre. S’unir Pour Renaître

Claudia Rankine — Citizen – Ballade américaine

Art thoughtz 

Ministère A.M.E.R — Brigitte femme de flic

Antonio Gramsci — Cahier de prison 

Bobby E. Wright — La Personnalité Raciale Du Psychopathe Et Autres Essais

Èsù : dieu noir de l’interprétation dans la tradition Yoruba au Dahomey et au Nigeria, au Brésil et à Cuba, en Haïti et à la Nouvelle-Orléans. Esu est un forme actualisée du dieu égyptien, Djehouty (Thot en grec ancien). 

Marine Bellégo, Enraciner l’empire, une autre histoire du jardin botanique de Calcutta (1860-1910)

….

PAW (Paul-Aimé WILLIAM) : Membre de la revue AFRIKADAA et doctorant en histoire de l’art de la Guyane (EHESS & IMAF).

LA MARCHE DES CRÂNES À PARIS

par Jean-Pierre Bekolo (1er juillet 2022 à 10:25)

Crédit : Afrikadaa

Qui a autorisé cette marche ? Une marche des chefs camerounais ! Une marche à Paris ! En fait ils ne marchent pas, ils dansent comme des Sioux autour de l’obélisque de la place de la Concorde provenant de l’Égypte pharaonique.  Dansent-ils pour célébrer ces camerounais inconnus de la division Leclerc qui ont libéré Paris ce 24 août 1944 et que la France a toujours caché ? Certainement pas. Les chefs camerounais vont parader le 10 juillet à Paris pour célébrer la fin de leur culture « africaine » qu’ils sont obligés d’aller montrer à ceux qui l’ont neutralisé.

Si les chefs ont obtenu le feu vert des crânes pour exposer leurs objets rituels dans un musée et de s’exposer eux-mêmes lors d’un défilé dans les rues de Paris, c’est qu’ils reconnaissent qu’ils n’existent plus qu’à travers le regard de l’autre. C’est à dire que même les « crânes » reconnaissent que dans cette culture africaine, où tout a un sens et une signification, est elle-même devenue insignifiante à leurs propres yeux et que leur existence de rois nègres n’est plus qu’un spectacle où ils jouent à être des Africains. 

Imaginez qu’un habitant de ce quartier parisien descende acheter sa baguette et tomber sur ce défilé royal de chefs camerounais dans les rues de Paris. Il regardera ces images qui viennent d’un autre monde et qui n’ont rien à faire à Paris, l’invitant dans ces conciliabules d’ancêtres qui ne sont pas les siens. Il pensera à tout, sauf à ce que les chefs eux-mêmes pensent de ce qui se passe au musée du Quai Branly-Jacques Chirac. Car s’il y a bien une chose dont il faut discuter, c’est du sens de ce qui est montré. Quand un lamido (chef de la région du Nord-Cameroun) se promène dans la ville, c’est une reconnaissance de son pouvoir sur son territoire et ses sujets. Quel est le sens de la marche d’un chef camerounais dans les rues de Paris ?

La grande différence entre La Route Des Chefferies, le nom de cette exposition au musée et l’Exposition Universelle de 1900 est le « lifting ».  Contrairement aux objets et aux personnes exposées à l’époque, comme la Vénus hottentote, nos objets exposés en 2022 sont des victimes consentantes. S’il y a une chose qui sépare fondamentalement la culture africaine de la culture occidentale, c’est que le dieu africain est partout, alors que le dieu monothéiste des Blancs a été envoyé au ciel. Sur terre, il a été confiné dans les églises. Cela signifie qu’en Occident, non seulement Dieu est prisonnier, mais il est absent de la vie quotidienne et de la société. L’Occident fait exactement la même chose en enfermant les objets rituels africains dans les musées. Enfermez les dieux africains et libérez les sociétés africaines ! Dieu a montré le chemin à l’Africain, l’Africain imite Dieu et invente ainsi l’homme à son tour. N’oublions pas que ces statues du Quai Branly sont une prière, une prière pour la maternité, une prière pour la fertilité, pour la beauté des enfants… Arrêtez de les regarder comme si elles trouvaient leur raison d’être dans le plaisir qu’elles vous procurent. Parce qu’elles sont écrites sur du bois, vous prenez ces pensées africaines pour des statues.  

Pendant longtemps, on a fait croire aux Africains que leurs traditions étaient la cause de leurs malheurs. L’Occident a toujours voulu vider la société et la vie africaine de sa substance, dans laquelle chaque objet, chaque être, chaque geste, chaque moment et chaque événement est spirituel. Comme en Occident, le vide laissé par l’absence de Dieu a été remplacé par l’argent. Le monde sans Dieu est un immense marché où tout se vend et s’achète. Gagner de l’argent devient le seul acte religieux qui a un sens dans cette société africaine qui voit ainsi l’Occident achever le projet colonial, qui est avant tout un projet capitaliste.

L’entrée dans la modernité a un prix sur le marché. Au Quai Branly, on achète et on vend. Les spectateurs paient, les objets sont vendus, tout ce qui reste du vide laissé par une spiritualité chassée du monde, c’est le commerce. La mission des chefs à Paris est de vendre et de se faire acheter. La seule valeur qui reste aux simples acteurs qu’ils sont devenus est l’argent qu’on leur verse pour qu’ils cessent d’être la force qu’ils représentent. Car ces sociétés païennes, par leur existence même, constituent un acte de résistance contre un capitalisme envahissant, prédateur et destructeur, qui efface tous les autres sens possibles que l’on pourrait donner à la vie. L’espoir que les sociétés africaines auraient pu transmettre d’autres modes de vie au reste de l’humanité est ainsi détruit.

Quelle est la différence entre la culture des Bamilékés et le postérieur de la Vénus Hottentote ? Dans les deux cas, il faut montrer et exposer quelque chose qui n’est pas destiné à être montré à un public qui n’en demande pas tant. La culture africaine existe, personne n’en doute à Paris, et l’existence d’un musée conçu par Jacques Chirac, comme celle du musée du Forum Humboldt à Berlin, pose la question du « dévoilement » de ce qui est caché dans un jeu du caché et du dévoilé auquel se livrent les cultures primitives que l’on veut exposer, qui ont prévu dans la même danse, dans le même objet, dans le même geste, un sens pour les initiés et un spectacle pour les non-initiés. Sauf que ce ne sont pas les sorciers africains et leurs chefs qui pratiquent leurs rituels au Quai Branly, mais des apprentis sorciers blancs qui exorcisent leurs démons nés d’une rencontre brutale avec le pays Bamiléké, où les crânes des 400 000 personnes tuées par la France ne peuvent plus rien demander à ce pays… pas même une case où les crânes seraient enfermés comme dans une église et où les morts écouteraient les prières des vivants. Les crânes auront définitivement quitté le pays Bamiléké pour s’installer à Paris — vidés de Dieu ou de ce qui en tient lieu. 

Était-il nécessaire d’aller au Quai Branly ? S’il n’y a pas d’espace dans cette exposition pour que cette question soit posée au regard du contentieux historique qui est un préalable, il devient trivial que le projet de La Route des chefferies soit une esthétisation des relations politiques dans un but commercial. Quand on investit sur le marché mondial, quand on doit gagner de l’argent, il faut d’abord se décharger d’un certain passé qui est une entrave, une histoire qui handicape, un obstacle au développement. Il faut surtout arrêter de faire des « histoires », une histoire vient remplacer une autre pour mieux fabriquer l’oubli.

Entre le caché et le révélé, les crânes Bamilékés à Paris sont des ombres qu’on met en lumière pour mieux les garder dans l’obscurité. On montre pour mieux cacher, voilà le prix de cette universalité opportuniste qui vide grâce aux masques le discours mémoriel de son contenu afin de produire ce nouvel Africain débarrassé de ces mêmes masques qu’on expose et qui a le visage de la réussite selon le modèle américain de l’entrepreneur dans le capitalisme néolibéral. On nous offre l’image d’une Afrique qui doit rattraper un supposé « retard » et qui doit « avancer » en laissant derrière elle un « passé » qui est maintenant pointé du doigt comme un « fardeau »… parce qu’il accuse. Ici, la dénonciation des crimes devient une victimisation. Il n’y a pas de place pour une commission vérité et réconciliation, la mémoire ici est sélective, la bonne produit une belle exposition, la mauvaise est la cause de l’immobilisme. 

Si les Bamilékés peuvent vous présenter aujourd’hui leurs œuvres culturelles, contrairement aux autres peuples d’Afrique, c’est précisément parce que les Bamilékés du Cameroun ont résisté au colonialisme. Ils ont refusé votre Dieu et comme les Bassas ont pris les armes contre le colonisateur français. Regardez bien ces masques bamilékés qui vous regardent. Ce ne sont pas des masques, ce sont les 400 000 âmes errantes qui attendent des funérailles au cours desquelles la France va leur demander pardon pour que la fête commence enfin.

Jean-Pierre Bekolo : cinéaste camerounais. Il a réalisé le film, Les saignantes.

H et l’écologie du bluff

par PAW (4 juin 2022 à 21:28)

crédit : Afrikadaa in Megan Cope, Untitled (Death Song)(2020)

Malendure system’s slay us, don’t let dem fool our mixtape-world. Personne ne veut se cramer les mains pour éteindre sans gants les mega-incendies et bâter les grands entreprises criminelles et les orpailleurs de noirceurs — l’exposition Réclamer la Terre échoue (heureusement) sur une caye cimentée sans déchiffrer les os polis des sous-mondes (femmes de ménage, dealers, militant·es, éboueurs etc.) taclés par le bitume et les condés dedans les cales du 75.

  1. « Le poids, comb’ de tonne de carbone a émis et émet cette exposition qui s’autoproclame CRI écologique !? pérou, brésil, australie, guyane, usa… tout’ une logistique polluante ne serait-ce que pour déplacer artistes venant sur la capitale. Au moins, la commissaire de l’évène’ aurait pu indiquer sciemment et ostensiblement un BILAN CARBONE afin d’imaginer de nouveaux calculs du monde et inventer un langage math’ hors de tout technique et en mesure de soustraire nos pollutions saint’. Ç’aurait été un peu sérieux en vue des impératifs de décarbonisation, de déformation écologique, de réductions de notre consommation et de nos déplacements. Jà, on peut noter que ce soi-disant CRI ne sera pas suivi de métastase structurante et algébrique pour conception de futures expos en sein de cette institution. Equivalent à : d(𝛾u(t), 𝛾v(t)) = √2.t(1-(K÷12).t2 + O(t3)) quand expo→0 »
  1. « Les obras sont calli et écorelationnelles mais basta. Les artistes sont divers et forment une unité exotique ou presqu’. Très bien. L’exposition est composée de conseiller.es scientifiques sans visions sur le contexte français-colonial. Basta. Les recherches curatoriales s’écartent du regard eurocentrist’ et se parent d’une cornée dit’ globale mais pourtant le monde est incontournable, l’espace-temps de l’expo→ ne saurait miniaturiser l’immense étendue en une géographie hégémonique. Basta. L’ensemble des obras formule critique paracoloniale à partir de différents continents. Basta. iels réclament pacifique’ la fin de l’extractivisme mondiale. Basta. Les artistes recalibrent, dedans l’space-temps compartimenté, les humanités, les non-humains et les ‘cosystèmes en confluence. Oké. »
  1. « Les recherches exprimées ne sont pas actualisées ni mit en lien avec le lieu où s’déroule l’exposition — Et la Seine ? L’histoire de ce fleuve est qu’une peau desséchée sans passé ni poésie, le suicide de Celan ne glorifie goutte. Le commissariat arrive pas à cuisiner les oeuvres sélectionnées avec les enjeux les plus pointus de l’écologie décoloniale développés par exemple dans l’ouvrage Une écologynoire du philosophe, Norman Ferdinand Noël (!!) »
  1. « En surplus, dans Réclamer la Terre, il n’y a pas d’artistes autochtones francisé.es soit vivants dans les possessions coloniales françaises. On se demande bien pourquoi l’équipe curatoriale s’est aventurée à trouver des artistes d’Australie ou du Canada lors même qu’il y a des artistes avec des luttes primordiales et légitimes en mesure de tisser cette conscience écologique dans nos territoires racialisés !? Tout çà pour des roros… Le programme gouvernemental Australie Now mais aussi la fondation Opale et d’autres « soutiennent » phynancièrement la gamelle de cette expo→environnementaliste et permet de facto d’entretenir cette imposture et ce subterfuge curatoriale et intellectuelle. » 
crédit : Afrikadaa
  1. « « L’arrogance est très différent de l’ignorance » (cf. Buju Banton), Elle autorise des détours sous couleur de diversités sans souffrir de l’anti-jouissance de la conscience des crimes des côlons français. C’est bien connu, les possessions coloniales de la France sont peuplées de forêts et d’atolls vierges sans traces indigènes. Nonobstant l’artifice de référence décoloniale et antiraciste (cf. Nathan Hare) et l’invisibilisation systémique des ancien’ colonies françaises dans cette réflexion écologique, Rien ne crie haro des ravages et de l’incurie de l’État Australien envers les communautés aborigènes dont le documentaire Another Country (2015) est icite une virtualité manquante. » 
  1. Entretemps, un groupe d’amérindien.nes tentent de se suicider avec du mercure. On recense, depuis avril dernier, quat’ suicides de jeunes autochtones en Guyane et d’autres tentatives échouées.
  1. « Mais encor’, le coeur de l’exposition nous met dans le même van que des criminels écologiques récidivistes comme TotalEnergie et j’passe. Faut-il préserver de futur partenariat ou mécénat d’entreprises !? ou sabrer-décaler ad hominem lé grand’ sociétés polluantes et précieuses en commençant par le couple mode-cosmétique, GUERLAIN, RICHARDS MILES, DELEUZE&GUATTARI, BURBERRY… »
  1. « mon pendard, cé toujours la faute de personne ou de tout le monde, Pourtant « La densité de l’Histoire ne détermine aucun de mes actes » « je suis un homme, et c’est tout le passé du monde que j’ai à reprendre. Je ne suis pas seulement responsable de la révolte de SAINT-DOMINGUE… » — Frantz Fanon. »
  1. « JE conteste la fout’ notion d’homme conçu par l’Occident qui n’est que l’une des bris du miroir qui reflètent le visage d’un aryen. J’suis un « poisson politique » 𓆟 (cf. Sanglis) ayant pour paragon l’Homme-requin du Roi du Dahomey, BÉHANZIN, exilé en Martinique après l’invasion et le pillage de son royaume par les trou’pes françaises. »
  1. Entre-temps, une espèce non-humaine disparaît définitivement de la face de la terre.
  1. « ’exposition s’enferme dedans un habitacle hors-sol pris de vitesse lors même que des humanités asservies sont cloués à terre. Les banlieues parisiennes et les territoires français-coloniaux sont effacés du discours curatorial. Des lieux où « les condés sont trop yomb, ils ont rien pété d’la s’maine » (cf. H. La Drogue). Or dès midi, dans un quartier de la périph’, un ban de baleine est pourchassé par des capitaines ACAB (!!) de la BAC. Ils ont toujours en mémoire la révolution de 2005 sous le képis et dans les muscles, ils préparent un’ guerre raciale pour le match retour — on sait le bien, on se calibre aussi : Benzema re-mon-ta-da #2022 (nous jouissons tous, ou pas, de la référence car plus d’une seule conscience éclaira la nuit) ; violentes, ces chasses à l’ömme racisé performent l’imaginaire coloniale et se terminent parfois à l’hosto, l’anus ouvert, ou sous un lin, la trachée brisée. 

Faire ban de baleine dedans la favelas, 

Trahir l’humanité, sais pas encore comment !?

Soit, ne pas être au banc à cirer la hure de ce monde anti-noir. »

  1. « Malgré leur volonté de renoncer à l’eurocentrisme, l’équipe curatoriale manque de se nourrir des enquêtes à potentiel écologique esquissé par leurs prédécesseurs comme le commissaire d’exposition, Simon Njami basé à PAris et parti en 1992 à la Martinique pour un numéro spécial de Revue Noire : « Dans un café littéraire créole animé par Edouard Glissant, l’écrivain me faisait part de son projet de donner une autonomie à la Martinique en faisant d’elle le « premier espace écologique du monde ». La même problématique ressurgit dans chaque île : à quoi correspond l’identité caribéenne ? » (Joséphine décapité, Revue Noire, n°6, Caraïbe, 1992, page 40) 
  1. « Le dispositif curatorial qui entoure l’installation de Megan Cope, Untitled (Death Song)(2020) [sans titre (chant de mort)] est aussi froid que celui du hall sous un soleil de plomb. Ne cuisinant pas l’intention de l’artiste, cet obras perpétue la « double profitasyion » écologique et coloniale hoir de l’Esclavagisation des noir.es et du Colonialisme exposée par le jeune philosophe, Norman Ferdinand Noël (!!) dans son livre Une écologynoire. Le chercheur indépendant mont’ par l’exemple de la plantation coloniale, qu’à partir de la modernité, la profitasyon de la totalité-nature a été agencée à celle du bondage des humanités africaines. Ainsi, l’exploitation intensive des humanités indigènes et celles transbordées en Colonie américaine allait de pair avec la déforestation et l’extermination des peuples autochtones et des communautés non-humaines. Norman Ferdinand Noël (!!) appelle cette agencement qui fait profitasyon du microcosme cannibale et des communautés vivantes : « l’habiter colonial ». »
  1. « Mo pa ka bité ké to, 𓊛 nous pagayons un va’a dedans l’évent, nous sommes pas des pirates. Revenons à  l’installation Untitled (Death Song)(2020), un orchestre de chambre de six instruments composés de grand’ vis d’Archimède recyclées, de fût en acier, de cordes de piano & de roches. Encore, un désir aristocratique d’être le chef d’orchestre de la nature par domestication du dehors et son anthropomorphisme. » 

« (Cette obras, mais je pourrais aussi bien la qualifier de « nka ») Ce nka transpose en complainte, le cri d’un oiseau d’Océanie en voie de disparition. Mais cette complainte, ne s’rait se limiter aux seules communautés animales non-humaines, com’ le montre Norman Ferdinand Noël (!!) en s’inspirant de la littérature caribéenne pour tympaniser sa philosophie souvent mal auditionnée pour contrefaire dé CRI policé.

L’énigmatique René Beauregard, chevalier des causes perdues ? (crédit: France-Antilles)

Dans son roman Malemort, l’écrivain Edouard Glissant romance, sans volonté d’élucider, le meurtre en 1949 d’un réfractaire martiniquais par des gen’armes. Ces dernières reprochèrent, après coup, « mais ce n’est pas la balle qui l’a tué. C’est les oiseaux » (p.46) qui ont pris la vie du réfractaire, René Beauregard, ancien employé de l’Usine du Marin qui, après son licenciement par les usiniers, s’est résolu de se venger de ces békés de patron. Li va trouillé plusieurs personnes. Et pendant la cavale de Beauregard, alias Beausoleil, alias Beautemps, alias Beaucrabe, lé forces de l’ordre « dépistaient tous en lui le marron d’hier dont ils avaient gardé une crainte si affolante » (p.45) 

« Et qui depuis sept ans ne faisait que fuir au-devant des gendarmes » (p.48).

« Ces gendarmes-là avaient pris l’habitude de faire un feu d’artifice sur chaque branche où on pouvait croire qu’un ortolan s’était posé. Tu vois la plume de l’oiseau, c’est feu. » (p.46)

« Dans cet étoilement où ils fusillèrent le hasard qu’ils avaient tant appelé : un oiseau qui s’éleva au-dessus de l’endroit où l’homme dormait invisible et qui ainsi déclencha cet énième et terminant tintamarre — un oiseau parmi six ou sept qui dormaient au-dessus de lui, avec lui — peut-être avait-il bougé ou soudain sifflé dans son rêve — et les deux gendarmes sans hésiter (mais à coup sûr sans aucune conviction) tirèrent sur ce branchage qui tremblait, comme l’homme tentait déjà mort de se dresser ils le criblèrent sans fin — de sorte aussi qu’il sur sa couronne d’oiseaux déchiquetés, qui l’accompagnèrent pour le voyage au-delà des eaux, — et qu’on peut dire qu’il réussit une mort sommeilleuse, loin du désert qu’avait été sa vie : (c’est les oiseaux, dirent-ils) » (p.58)

« (Il faut parler de ces gendarmes-là.) Ils plastronnent. Ils débordent d’une célébrité en fièvre et en rondeur. Chacun court voir le banc où on a charroyé le cadavre. Beautemps a grossi, depuis sept ans qu’il ne travaillait plus, dormant sous la branche et mangeant à ripaille derrière les cuisines des cases pendant que dans la grande pièce la famille assemblée se terrait. » (p.59)

« Dans la matérialité des espaces antillais effacés de l’exposition, ce sont ces mêmes vent d’armes pusillanimes qui se sont réfugié derrière des « C’est les oiseaux, dirent-ils » après avoir massacré à coup de feu feu feu la foule de gréviste en Mé 67″

« Soit, les alliances interespèces ne sont pas toujou’ infaillible. Certaines ont établit l’habiter coloniale « à même le sang du suicide des bêtes à feu » (cf. Césaire). Cependant, lé non-humains tués ou lé cris d’oiseaux mise en cage sont aussi l’analogie et la métastase politique de cardiocides d’humanité racisée et particulièrement dé femmes noires !!! Norman Ferdinand Noël (!!) relate dans son livre un meurtre dans son Bât’ universitaire en métropole — un étage en dessous de sa chambre d’étude : « Hélas, je sais ce que ressent l’oiseau en cage / Parce que l’oiseau en cage chante la liberté » (poèmes cités par l’auteur) »

« Une étudiante noire de la Martinique a succombé dans son sommeil des coups de son petit-copain noir d’origine haïtienne. Ce dernier — li s’appelle Jésus, cela ne s’invente pas — l’avait empêcher d’aller à l’hôpital malgré ses cris et suppliques de douleurs. Elle était enceinte de quelque mois. La nuit d’avant, li l’avait rosé de coups dans le ventre. Au petit matin, elle avait déposé une main courante au comico. Dans la soirée, de retour dans son logement contigu, elle a commencé à souffrir au ventre. Lui l’avait interdit de sortir du studio de 18 mètre carrée et intimer de se coucher sur le lit. Et que cela passera, pensant qu’elle pouvait tout endurer. Cela passa. Mais elle ne sentit plus son ventre. Au surlendemain, des CRIs ont éclaté… c’était ceux du petit-copain qui découvrait le corps sans vie, le ventre froid ! — Misogynoir dixit, le philosophe afroféministe, Norman Ferdinand Noël (!!), ce sont des violences et parfois féminicide frappant les femmes noires et pouvant survenir d’homme noir » » 

  1. « Bien malheureux, ceux qui peuvent encore crier. Il se peut bien que cette exposition Réclamer la terre débute à l’an’ zéro de l’cologie cherchant un CRI lorsque nous-même nous suffocant h h h. Épuiser d’avoir crier haro ! depuis x siècles h h h. Le titre même de cette habitacle nous jette dans une insouciance hégémonique en usant de « signifiant vide », j’reprends les citations de Ernesto Laclau cité par Norman Ferdinand Noël (!!). L’infinitif du verbe transitif « réclamer » plante, sans gants, un flou ou une fleur 𓆰 de Seth, on ne sait si cette action sur ce terrain vague est passée, actuelle ou à prophétiser. La phrase à l’infinitif, en soi, n’ fait couac, « nous réclamer, je réclamer » sont des figures de style convenues. En bref, la titre a plutôt l’allure, face à l’effondrement en cours du vivant, d’une recette de cuisine, « réclamer la terre puis éplucher… proprement » ou d’une posologie clandestine « réclamer la terre puis par voie… administrer… ». Mais fait’ bélek : ne surtout pas confond’ comprimé et suppositoire. Enfin, ce qui pose problème, c’est du moins l’absence de subjectivité pareil à slogan publicitaire, un·e lobbyiste de l’industrie fossile est tout autant légitime de « réclamer » cette terre qu’un Kanak. Mais encor’, un volcan li peut réclamer la terre ? »
  1. Diga-bop-bop beep bop, chuis pas venu dribbler ni faire des petits ponts critiques puis lober les expo du Palais de Tokyo, de base, j’étais venu voir l’oeuvre de l’artiste Tabita Rezaire sans me fouler trop les neurones. 
  1. « H ou le hoquet du poète Léon Gontran Damas : « Désastre, parlez-moi du désastre, parlez-m’en ». Cette injonction rhétorique pop à encrypter sous un caractère muet h h h une critique apyre capable de d’monter, comme un engin volé, le CRI de l’exposition Réclamer la terre. Ce cri de chien de faïence n’est ni un hurlement ni un ha ni un ho ni un hi mais un hallali à même de sacrifier « ceux sans qui la terre ne serait pas la terre » (cf. Aimé Césaire). C’est une glottophagie qui dilue la profitasyon coloniale liée au cahot écologique dedans un trou de vent naïvement global. L’écologie sans la libération des noir.es, sans aucune hie ni arme à feu, c’est du pipo, m’contrefout des miracles, préfère avec Aimé Césaire les lahars en vidé. Le commissariat entretient, pour les bobos et la popo, une écologie du bluff reproduisant des vies noires sans dignité avec des accélérations R2 vers le point final de l’extinction en cours des communautés les moins nobles. » 
  1. « J’en veux pour preuve que ce projet curatorial noyé dans l’écologie du bluff dédaigne vies noires et épargne le racisme anti-nègre systémique : Tiens ‘onc, holà, oh là là, LES MÉCÈNES DU CERCLES ART & ÉCOLOGIE de l’exposition sont actuellement composés de la Maison GUERLAIN dont « le tribunal correctionnel de Paris a condamné à 6 000 euros d’amende le descendant du fondateur pour injure raciale. » Le hoir condamné à plaid’ son innocence avec l’indécrottable « je ne suis pas raciste, j’ai des amis noirs ». — Ah bon. La just’ice a tout de même condamné et sanctionner ses propos racistes qui suivent : « Pour une fois, je me suis mis à travailler comme un nègre. Je ne sais pas si les nègres ont toujours tellement travaillé, mais enfin… » — Moo, dëgg la, Ah bon. »
  1. « Or quelques mois avant son procès, le larron qui profite encor’ des retombés matériels via les avantages fiscaux du mécénat et du capital sympathie du Palais de Tokyo fait tombé une énième attaque aveugle, qu’on appréciera à sa juste valeur : « La France est un pays de merde, c’est une boîte de merde et en plus on n’est servi que par des immigrés. » »
  1. « Mais ils diront « C’est les oiseaux ». En négligeant lé rudes proses anti-noir affligées au sous-monde, vous pouvez toujours regarder cette exposition « comme vous écoutiez la mer et un combat de chiens et l’oiseau tragique dans le vent et les sables d’acier face aux vagues. »

Sinon, il est temps d’être beaucoup plus hadal, non pas consentir à une seule profondeur mais peupler l’espace-temps avec l’instinct des variétés insoupçonnable de l’Antarctique. 

Penser de loin, l’étendue est une surface continue et sans fracture, « l’imagination en est impossible, et d’ailleurs inutile. Imaginer les terres australes et tout ce qui vous en sépare est inutile dès lors que l’avion vous y porte en vingt heures. Aujourd’hui, si l’imagination est impossible, c’est pour la raison inverse : c’est que tous les horizons ont été franchis, que vous êtes confronté d’avance avec tous les ailleurs » (cf. Jean Baudrillard)

Ainsi, ne pas tomber dans la manie d’indiquer l’état civil des artistes pour faire valoir les félicités d’un exotisme, le fichage c’est l’affaire de la police. Ils ont de quoi faire, « les condés sont trop yomb, ils ont rien pété d’la s’maine ». 

Amakaba × Olaniyi Studio, Nono: Soil Temple, 2022 (credit: Afrikadaa)
  1. « Delà, renouer avec la matrice du monde qu’est la terre en entrant dedans « Nono : Soil Temple » de Tabita Rezaire, un voyage « à l’opposé de l’intourist meurtrier de l’habiter colonial ». Or nous ne serons donner illimité au concept de « Terre-mère » et ce, en s’appuyant sur les travaux de Norman Ferdinand Noël (!!) qui imagine les déphosphorescences actuelles et à venir du vivant en des « échos lancinant de la fin du monde ou en un horizon tracé par un chien aveugle qui cherche à ce mordre la queue ». Tout en sachant que l’horizon est une illusion et que nous vivons des fin du monde tous les jours : v’la là là « regardez la fin du monde » »
  1. « Ainsi, tout com’ le retour du polygénisme racial par la grâce de la génétique « dans un contexte où la possibilité de transformer le vivant et de créer des espèces mutantes ne relève plus uniquement de la fiction » afin d’écarter « les races jugées ‘indésirables’ ». Le corset des idées de patati-matrice et de patata-mère, qui font un peu trop papa-maman sans aucune forme de totémisme, sont fichu par l’ingénierie génétique (gen. est l’étymologie de phallus dans un’ lalangue inconnue.)  Il n’est plus inconcevable ‘jourd’hui d’imaginer, com’ dans un livre saint ou un roman de science-fiction, des naissances industrielles par non fécondation de l’ovule d’un mammifère-humain soit la réalisation de l’annonciation de la Vierge Marie (toutefois, la parthénogenèse est possible chez plusieurs espèce dont les vertébrés mais pas chez les mammifères-humain. Certains oiseaux se sont plier à l’auto-fertilisation sous la pression de la captivité). Nous espérons bien ne pas assister au vêlage d’un petit Jésus dont l’existence même est jà un énorme télé-matricide voire une réapparition susceptible de la matrice de la race. 

La conscience écologique n’amerrira pas sans le courage des vies au dégrad de l’humanité. Delà, la terre et les communautés de pierre et de sang sont de plus en plus négrifiées. Avant même la destruction de la planète, les entrepreneurs milliardaire et leurs hordes de chercheurs sont jà prêt à « expédier l’excédent de nègres dans la lune » (cf. Yambo Ouologuem). L’US Commercial Space Competitiveness Act adopté sous le gouvernement Biden-Obama est un projet d’extractivisme stellaire qui autorise de nos jours les « citoyens américains d’entreprendre l’exploration et l’exploitation commerciales des ‘ressources spatiales’ ». Les damnés de la terre seront bientôt les engagés d’une plantation sur un astéroïde parmi des milliards. Le travail de pollution a jà commencé, les voyages dans l’espace en fusée habitée se mettent en orbite géostationnaire, les recherches sur l’extraction de matière et d’eau lunaire sont en cours, leur mise en exploitation ne s’rait tarder un millénaire. 

Regardez 𓁹𓁹 : la fin du monde, nous fusille du regard !  »

Certaines lectures laissent des traces, tout mes loess viennent des textes d’Appolinaire le mysigone, mais aussi des éclairs de Grimm et Diderot. Je cogite toujours la sprezzatura de Simon Njami, la millitance des récits de Pascale Obolo et l’oeil féministe des critiques de Elisabeth Lebovici. Saisir et redonner tout’ sa pesanteur au sexe de la beauté (car ils z’ont tous « la beauté », « la beauté » dans la bouche) et puis et puis relancer le vent d’avant la beauté, v’la ce serait çà le gros ankhre de cette écriture mienne qui entend le « nous-je-tu-vous-iel-s » incrée de l’exposition Réclamer la terre. C’est la gravité, le vent. Mes forces aux peuples autochtones (des Guyanes, d’Afrique, d’Amériques et d’Océanie) qui perdent, sans sommation, leurs précieuses jeunesses à l’ombre de la modernité-télé-éthnocide. C’est la gravité, le vent. Vous aurez reconnu ou pas dans le personnage conceptuel Norman Ferdinand Noël (!!), les singularités de Norman Ajari, Malcom Ferdinand, Fania Noël. D’autres auteur·es inattendus et parfois remixés jalonnent ses vagues lignes : Marguerite Duras, Jean Baudrillard, Suzanne Roussi (j’encrypte, je me camoufle), Sanglis qui n’est autre que Edouard Glissant, Edouard qui parle souvent de CRI dans ses textes théoriques, je dis ça commmmmme ça, H. La Drogue (Wélélé la musique noire), Franklin Frazier et son concept de « monde du bluff » dans son ouvrage « Bourgeoisie noire » qu’il serait trop lent long de développer icite. Et encore, Maboula Soumahoro, Yambo Ouologuem dont un congolais m’a appris à prononcer en langue son prénom, Herman Melville et son capitaine ACHAB à qui j’ai soustrait la lettre H et bien d’autres comètes qui sifflent au loin. *P.S : Mathieu Boncour du Palais de Tokyo reconnaît que la production de cette expo représente un « impact carbone élevé ». Basta.

Bientôt, une nouvelle espèce sera aperçu : ******* radioactive.

PAW PAW PAW ················································ RER C, Choisy — Cayenne, Guyane.

PAW (Paul-Aimé WILLIAM) : Membre de la revue AFRIKADAA et doctorant en histoire de l’art de la Guyane (EHESS & IMAF).

AFRICAN ART BOOK FAIR #AABF2022

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African Art Book Fair (AABF)

4th EDITION OF THE INTERNATIONAL AFRICAN ART BOOK FAIR

From 19 to 22nd May 2022, Biennale Dak’Art

The journal AFRIKADAA is thrilled to announce the 4th edition of the African Art Book Fair (AABF). This event will take place from 19 to 22 May 2022 within the framework of the 14th international Dakar biennale at Centre de ressources Ousmane Sembène, place du Souvenir Africain.

AABF: an artistic and innovative proposal

From 19 to 22 May 2022 in Dakar, l’AABF will host a large selection of international independent publishers and artists from different countries,  ensuring diversity of current editorial practices. On the agenda : independent publishers, a place for debate and exchange through round tables, an exhibition area, performance program , workshops and a country of honor, Benin.

The African Art Book Fair is an art project conceived as an independent publishing fair with an exhibition and discussion forum that focuses on specific themes, related to publications on art, photography, design, experimental music, open culture and activism.

The African Art Book Fair also aims to reposition publishing as an artistic practice.

For four days, during the Dakar Biennale, the African Art Book Fair intends to offer a new editorial space focusing on a panorama of the most committed contemporary editorial practices in the production of qualitative and aesthetic publications on a wide range of subjects such as visual arts, cinema, photography, architecture, etc.

Recognizing and supporting qualitative and unique publishing practices, Crossing Disciplines is an integral part of this process which aims to emphasize new innovative editorial practices and the physicality of the book as a medium. 

The 4th edition will focus on the exchange of new North / South editorial practices and will offer independent publishers and partners a meeting platform between professionals of the art world and the public, to promote exchanges as well as the circulation of knowledge from a perspective of contextualization of African works and artists. We will also question publication as a curatorial and artistic practice and the current state of art criticism.

During this event, the AABF focuses on the publisher, the most independent but also the most versatile actor in the art world. Many international publishers selected for the quality of their proposals will be presented during this 4th edition.

In this way, the AABF makes the work of international artists available to the public through affordable editions, while offering an alternative art space alongside biennials, galleries, and museums.

The AABF (African Art Book Fair) platform is positioned as an itinerant and polymorphic entity by participating in fairs, exhibitions, and biennials. The lack of critical production today threatens the transmission of contemporary art from Africa and its diasporas in terms of critical content, analysis, and aesthetics. The AABF will cross borders in order to confirm the unavoidable need to record in writing, to memorize, and to archive new and contemporary forms.


PROGRAM

Independent Publishers : Abdou Diouf Ndiaye, AFRIKADAA, Archive Book, Asai, AWU Dakar, Aziimut, Bandjoun Station Édition, Baobab Édition, Blackmass Publishing, Bruce Clarke, Brook Édition, Chimurenga, DOM publisher, Focal Point, Gloria glitzer, Hangar Artistic Research Center, Hermann Édition, iwalewabooks, La Box, La Galerie Carole Kvasnevski, La Galerie Cécile Fakhoury Editions, La Galerie Clémentine de la Ferronnière, Le LARC (Laboratoire Africain de Recherches en Cyberstratégie), Les Chichas de la pensée, Miguel Marajo Michalis Pichler, Missread, Moleskine Foundation cultural publication, Macina Camara, Mosaïques, Nathi Sihlophe/No Justice, No Peace, Paraguay, Savvy Éditions, Spector Books OHG, Sugarcane, Suture Press, Vertébrale, Zaman Édition, Zeitz MOCAA Édition


Country of honor: Benin

The African Art Book Fair, « Off la biennale de Dakar » is pleased to announce its collaboration with Benin as a country of honor within the framework of the exhibition-event « Art of Benin of yesterday and today, from restitution to revelation » and the publication of the double catalogue of the diptych exhibition « Contemporary Art of Benin » and « Royal Treasures of Benin » by Éditions Hermann.

DAILY EVENTS

Exhibition : « Editing to not remain silent », curated by Pascale Obolo

Artists : Miguel Marajo, Willys Kezi, Rafiy Okefolahan, Macina Camara
« Dakarchives exhibition » curated by Carole Kvasnevski et Abdou Diouf Ndiaye


Benin capsule exhibition : artists Euloge Glèlè and Didier Ahadji curated by Galerie Vallois

Immersive experience of the virtual visit of the exhibition « Art du Bénin d’hier et d’aujourd’hui, de la Restitution à la Révélation »

A program of round tables with different speakers

Workshops

– Artist’s’ book — workshop with Macina Camara and Abdoulaye Ndoye

– We make books Program — Goethe Institut Nigeria — African Art Book Fair

– Scripto sensa — program of African literary film adaptations by Jean-Pierre Bekolo, filmmaker

PRACTICAL INFORMATION 

African Art Book Fair:  19th to 22nd of may 2022 

Venue: Centre de ressource Ousmane Sembene, Place du Souvenir Africain, Dakar Corniche Ouest.

Schedule: 10am to 7pm

Vernissage: Thursday 20th of may  at 5.30 pm 

Performances: daily

Bénin, country of honor:  from friday 20th of may 

DJ party: friday 20th of may starting at 8pm

Finissage: Sunday 22nd of May at 4.30pm and Miguel Marajo’s performance

For more information: Kit press

*

La revue d’art AFRIKADAA est heureuse d’annoncer la quatrième édition de l’African Art Book Fair (AABF) durant la Biennale de Dakar. La manifestation se tiendra du 19 au 22 mai 2022 au sein de la 14e Biennale  internationale  d’art  contemporain  de  Dakar  au Centre de ressource Ousmane Sembene, place du Souvenir Africain. 

 
L’AABF : une proposition artistique et novatrice

L’African Art Book Fair est un projet artistique conçu comme une foire d’éditions indépendantes accompagnée d’une exposition et d’un forum de discussion qui se concentre sur des thématiques spécifiques, liées à des publications sur l’art, la photographie, le design, la musique expérimentale, la culture ouverte et le militantisme.

Reconnaissant et soutenant les pratiques de publications qualitatives et uniques, Le croisement entre les disciplines est une partie intégrante de ce processus dont l’objectif est de mettre l’accent sur les nouvelles pratiques éditoriales innovantes et la physicalité du livre en tant que médium. 

Cette 4ème édition portera sur l’échange des nouvelles pratiques éditoriales Nord / Sud et offrira aux éditeurs indépendants et partenaires une plateforme de rencontre entre professionnels du monde de l’art et le public, afin de favoriser des échanges ainsi que la circulation des connaissances dans une optique de contextualisation des œuvres et des artistes africains. Nous questionnerons aussi la publication en tant que pratique curatoriale et artistique et l’état actuel de la critique d’art.

Lors de cet évènement l’AABF expose la figure de l’éditeur, l’acteur le plus indépendant mais aussi le plus polyvalent du monde de l’art. De nombreux éditeurs internationaux sélectionnés pour la qualité de leurs propositions dans une scénographie originale seront présents au cours de cette 4ème édition.

Ainsi, l’AABF met à disposition du public le travail des artistes internationaux par des éditions abordables, tout en offrant un espace alternatif de l’art aux côtés des biennales, des galeries et des musées.

La plateforme AABF se positionne en tant qu’entité itinérante et polymorphe en s’invitant au sein des foires, salons et biennales. La carence de la production critique menace aujourd’hui la transmission de l’art contemporain d’Afrique et ses diasporas en termes de contenu critique, d’analyse et d’esthétique. L’AABF traversera les frontières afin de confirmer la nécessité incontournable de s’inscrire dans l’écrit et le verbe et de mémoriser, d’archiver des formes nouvelles et contemporaines.

Du 19 au 22 mai à Dakar, l’AABF accueillera des participants venus de pays différents, garantissant ainsi une diversité des pratiques éditoriales actuelles.


Éditeurs exposants : Abdou Diouf Ndiaye, AFRIKADAA, Archive Book, Asai, AWU Dakar, Aziimut, Bandjoun Station Édition, Baobab Édition, Blackmass Publishing, Bruce Clarke, Brook Édition, Chimurenga, DOM publisher, Focal Point, Gloria glitzer, Hangar Artistic Research Center, Hermann Édition, iwalewabooks, La Box, La Galerie Carole Kvasnevski, La Galerie Cécile Fakhoury Editions, La Galerie Clémentine de la Ferronnière, Le LARC (Laboratoire Africain de Recherches en Cyberstratégie), Les Chichas de la pensée, Miguel Marajo Michalis Pichler, Missread, Moleskine Foundation cultural publication, Macina Camara, Mosaïques, Nathi Sihlophe/No Justice, No Peace, Paraguay, Savvy Éditions, Spector Books OHG, Sugarcane, Suture Press, Vertébrale, Zaman Édition, Zeitz MOCAA Édition

PROGRAMME

Pays à l’honneur : Le Bénin

L’African Art Book Fair, dans le cadre du “Off la biennale de Dakar” est fier d’annoncer sa collaboration avec le Bénin en tant que pays à l’honneur dans le cadre de l’actualité de l’exposition évènement « Art du Bénin d’hier et d’aujourd’hui, de la restitution à la révélation » et de la parution du double catalogue de l’exposition diptyque « Art contemporain du Bénin » et « Trésors royaux du Bénin » aux Éditions Hermann.


INFOS PRATIQUES

Ouverture de L’African Art Book Fair : du 19 au 22 mai 2022 

Lieu : Centre de ressource Ousmane Sembene, Place du Souvenir Africain, Dakar Corniche Ouest, DAKAR.

Horaires : 10h00 à 19h00

Vernissage : le vendredi 20 mai à 17h30 

Performances : tous les jours 

Le Bénin, pays mis à l’honneur :  à partir du 19 mai 2022

Soirée DJ : vendredi 20 mai à partir de  20h00

Finissage : le dimanche 22 mai à 16h30 avec un performance de Miguel Marajo


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Exposition : Éditer pour ne pas rester dans le silence

Commissaire : Pascale Obolo

Artistes : Miguel Marajo, Willys Kezi, Rafiy Okefolahan, Macina Camara

Exposition : Dakarchives

Commissaires : Carole Kvasnevski et Abdou Diouf Ndiaye

Exposition capsule du Bénin

Artistes :  Euloge Glèlè et Didier Ahadji

Commissaire : Galerie Vallois

Expérience immersive de visite virtuelle de l’exposition « Art du Bénin d’hier et d’aujourd’hui, de la Restitution à la Révélation »


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Pour en savoir plus : voir dossier de presse

Contact : zugas.pascale@gmail.com / +33 609 552 657 ; Eden Planelle : edenplanelle@gmail.com ; Paul-Aimé William : paulaimewilliam@gmail.com / +33 06 50 28 62 15. 

AFRIKADAA |
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African Art Book Fair | 
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Website https://africanartbookfair.com

Partenaires

PERFORMANCES – AABF 2022

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PERFORMANCES 


VENDREDI 20 MAI 2022

18h00 

“Rendez-nous nos biens”  

 une performance de l’artiste Rafiy Okefolahan  (15 min)

                                           credit photo :“Rendez-nous nos bien” 2022 

Rendez-nous le Dieu Ogou est une performance qui nous rappelle combien il est important pour les Béninois d’avoir auprès d’eux le Dieu Ogou. Pour se construire, chaque peuple a besoin de se saisir de son passé, de lire à travers ces écritures le chemin parcouru. Dieu Ogou fait partie du panthéon vaudou et il a toujours accompagné les forgerons, mécaniciens, couturiers, conducteurs, tout artisan.    

BIOGRAPHIE

Rafiy Okefolahan est né le 7 janvier 1979 à Porto Novo (Bénin). Il puise sa force créatrice dans le bouillonnement culturel de l’Afrique. Artiste nomade, son parcours l’a porté du Togo au Nigéria et dans divers pays d’Afrique de l’Ouest, avant qu’il ne s’installe 2 ans au Sénégal, à l’école Nationale des Arts de Dakar. 

18h30

“Stop MA PA TA

Ma matière première n’est pas ta matière première

Une performance de l’artiste Benjamin Deguenon  (15 min)

La crise capitaliste contribue à faire du continent africain le terrain de convoitise des grandes puissances mondiales. Ce néocolonialisme participe largement à la destruction et au déséquilibre écologique des populations africaines : déforestations, désertification, pollution des océans, érosions côtières…

L’artiste Benjamin Deguenon questionne dans sa performance “Stop MA PA TA “, le pillage des matières premières africaines par les multinationales occidentales.

BIOGRAPHIE

Benjamin Deguenon se définit comme artiste plasticien, s’exprimant à la fois à travers le dessin, des installations et des sculptures. Originaire du Mono au Bénin, il est né en 1982 dans l’ancienne capitale Abomey et réside aujourd’hui à Cotonou.

DIMANCHE 22 MAI 2022

16h30

“MUR MÛR CAPILLAIRE”

Une performance de MIGUEL MARAJO

“Les murs qui s’érigent en frontières, 

comme ces livres qui corrigent nos arrières.

Ces murs qui fleurissent sans bannières

dans les livres qui obligent nos manières.

Nos murs en pensées, perméables et pas fiers,    

n’altèrent pas l’irrémédiable avancée vers  

les rives d’où surgissent nos braves d’hier.”

BIOGRAPHIE

Miguel Marajo est un artiste plasticien qui porte son regard sur l’aliénante uniformité des critères esthétiques de la société occidentale. Il se joue des traits pour éveiller une authenticité non assujettie aux canons de beauté. Son œuvre explore avec humour caustique, poésie et lucidité la foisonnante richesse des rapports culturels. 

Ses créations sont volubiles, sous des traits en circonvolutions dans une débauche de lignes, font écho aux cheveux crépus dont elles miment le caractère libre et naturel. Telle une plante volubile, la nature s’y manifeste de façon sous-jacente, dans une gestuelle courbe et rythmée, envahissant la totalité de l’espace dans un mouvement qui semble encore vivre sous l’impulsion que lui imprime le mouvement du corps qui le génère en dansant.

Originaire de la Martinique où il a commencé son parcours artistique, Miguel Marajo expose dans plusieurs îles de la Caraïbe avant de se rendre à Paris où il obtient le diplôme des Beaux-Arts et un DEA en arts plastiques à la Sorbonne. Il expose dans différents pays, il vit aujourd’hui en région parisienne.


PERFORMANCES
FROM MAY 20 TO 22, 2022 

FRIDAY MAY 20, 2022

6pm 

“Rendez-nous nos bien”  

 a performance by the artist Rafiy Okefolahan  (15 min)

Give us back the god Ogou is a performance that reminds us how important it is for the Beninese people  to have the God Ogou with them. To build itself, each nation needs to grasp its past, to read through these writings to know the path taken.  The god Ogou is part of the vodun pantheon and has always accompanied the blacksmiths, mechanics, seamstresses, drivers, any craftsman.    

BIOGRAPHY

Rafiy Okefolahan was born on January 7, 1979 in Porto Novo (Benin). He draws his creative strength from the cultural ferment of Africa. A nomadic artist, his journey has taken him from Togo to Nigeria and various West African countries, before he settled in Senegal for two years at the National School of Arts in Dakar. 

6.30pm

“Stop MA PA TA

Ma matière première n’est pas ta matière première

A performance by the artist Benjamin Deguenon  (15 min)

The capitalist crisis contributes to making the African continent the coveted land of the great world powers. This neo-colonialism contributes to the destruction and ecological imbalance of African populations: deforestation, desertification, ocean pollution, coastal erosion…

The artist Benjamin Deguenon questions in his performance « Stop MA PA TA », the plundering of African raw materials by Western multinationals.

BIOGRAPHY

Benjamin Deguenon defines himself as a visual artist, expressing himself through drawing, installations and sculptures. Originally from Mono in Benin, he was born in 1982 in the former capital Abomey and now resides in Cotonou.

SUNDAY MAY 22, 2022

4.30pm

“MUR MÛR CAPILLAIRE”

A performance by MIGUEL MARAJO

BIOGRAPHY

Miguel Marajo is a visual artist who looks at the alienating uniformity of the aesthetic criteria of Western society. He plays with features to awaken an authenticity not subject to the canons of beauty. His work explores with caustic humor, poetry and lucidity the abundant richness of cultural relationships. 

His creations are voluble, with features that are convoluted in a debauchery of lines, echoing the Afro hair of which mimic the free and natural character. Like a voluble plant, nature manifests itself in an underlying way, in a curved and rhythmic gesture, invading the totality of the space in a movement that seems to live under the impulse that the movement of the body generates while dancing.

Originally from Martinique where he began his artistic career, Miguel Marajo exhibited in several Caribbean islands before moving to Paris where he obtained a diploma of Fine Arts and a DEA in plastic arts at the Sorbonne. He has exhibited in several countries and now lives in the Paris region.